Brabant

397 cas de violences physiques dans le couple en 2011 et 461 cas de violence psychique. Sans compter la violence économique et sexuelle. Ces plaintes en matière de violence intrafamiliales dénombrées dans l’arrondissement judiciaire de Nivelles ont été évoquées par le commissaire divisionnaire de référence en la matière, Jean-Pierre Henin à l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes.

Des chiffres qui justifient l’action de l’asbl "Les Tamaris", qui en langage des fleurs signifie "tu peux compter sur moi" . L’asbl-pilote née en 2009 offre à la fois une aide psychique et juridique aux victimes de violences conjugales. "L’asbl est née de l’initiative conjointe d’une avocate et d’un psychologue, a rappelé Fabienne Marghem, avocate. Objectif : permettre aux victimes de trouver de l’aide et un service d’accompagnement à la fois dans les matières juridiques et psychologiques."

Et après deux ans de permanences à la commune et au CPAS de Waterloo (1er et 3e jeudi du mois), ainsi qu’au palais de justice de Nivelles (2e jeudi), les membres de l’asbl ont pu mesurer le réel besoin d’un tel service. L’asbl a reçu 74 victimes de violences conjugales, dont un homme. Des victimes venant de Waterloo et Nivelles mais aussi de Wavre, Tubize et même de Bruxelles. En plus des permanences, l’asbl organise des formations destinées aux avocats, comme l’a confirmé le bâtonnier du barreau de Nivelles, Me Christian Dalne, une vingtaine d’avocats défendant victimes et auteurs ont reçu cette formation. Et des magistrats ont aussi été formés. Un réseau a aussi été créé entre le barreau de Nivelles, la commune et le CPAS de Waterloo, le parquet, les zones de police, mais aussi d’autres associations ou maison d’accueil. Enfin, le dernier volet de l’action des "Tamaris" concerne la sensibilisation à la violence pour des enfants âgés de 10 à 12 ans dans les écoles et du public, via des conférences. L’asbl ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Dès 2012, un nouveau projet se concrétisera à la maison de la parentalité de Waterloo, en collaboration avec l’échevine de la Famille, Dominique Ferier. "Nous proposerons des prises en charge familiales des victimes de violences conjugales, avec ou sans auteur, détaille Caterina Di Calogero de l’asbl "Tamaris". Outre le soutien psychologique, l’idée est de créer un espace de parole encadré par des personnes formées à l’écoute. L’asbl animera aussi des groupes de parole réguliers, afin que des personnes ayant vécu les mêmes choses puissent se rencontrer. Des activités seront aussi prévues pour les enfants : jeux, dessins, relaxation. Tandis que les adultes pourront pratiquer du Tai chi, du yoga ou participer à des ateliers artistiques. Un projet né du constat que les victimes mettent difficilement des mots sur leurs souffrances."