Mardi après-midi, au centre sportif de Rixensart, l’heure était à la répétition du premier acte de Colombina, en costumes et avec les éclairages qui avaient été mis au point de nuit. La dernière comédie musicale de "L’enfant des étoiles", l’ASBL œuvrant au profit de l’enfance se déroule dans la Venise de la Renaissance. "Le public est partout, n’oubliez pas ce côté-ci de la scène. Je sais que vous êtes fatigués, que c’est la Toussaint, mais ce n’est pas un enterrement. Amusez-vous Soyez souriants. N’oubliez pas : on est au XV e siècle, il n’y avait pas Docteur House ni de Nintendo, les gens n’avaient que ça pour s’amuser", recommandaient les responsables aux participants.

L’heure était aussi aux mises en garde alors que l’équipe décors préparait une démonstration avec les flammes. "Chacun doit être à sa place. C’est la sécurité d’abord. Si l’un de vous est trop prêt, on ne déclenchera pas les flammes" , rappelle Charles Gérard aux jeunes comédiens. Et Sylvie Van Der Eecken de compléter les recommandations à l’intention des danseuses. Impliquée pour la première fois dans le projet, la chorégraphe de l’école Artendance signe dix chorégraphies sur quinze. "Il n’y a pas uniquement des danses d’époque. Il y a des tarentelles, mais aussi du jazz, des danses plus modernes C’est un mélange de tout."

Au total, septante danseuses et danseurs ont répété avec quatre chorégraphes. "Ça fait une grosse équipe allant de 8 à 40 ans, mais ça s’est bien passé. J’ai l’habitude de faire des spectacles, mais ici, c’est une autre dimension et j’ai été agréablement surprise."

Plus de 10 000 personnes sont attendues lors de la dizaine de représentations de Colombina. Un spectacle porté par une mise en scène audacieuse, où tous les arts sont réunis et que le président de l’ASBL juge "le plus abouti" . Et ce, pour plusieurs raisons : les décors, tout d’abord "dignes des plus grandes comédies musicales" avec un rialto. "L’équipe décors a beaucoup travaillé , précise Charles Gérard, les week-ends mais aussi de nombreuses soirées ont été nécessaire durant un an pour parvenir à recréer Venise à la Renaissance." Une Venise du XVe siècle qui impose des costumes extraordinaires. "On bat un record avec plus de 1 000 costumes réalisés par les couturières. Enfin, il ne faut pas oublier les masques ! Une équipe a été créée spécialement pour réaliser 200 masques typiques" , poursuit "le chef d’orchestre" du spectacle.

Troisième défi : la mise en scène très ambitieuse, avec le style de la commedia dell’arte, un art théâtral spécifique qui a demandé un énorme travail aux comédiens qui ont été formés à pouvoir improviser en fonction des réactions du public. "Même si la trame est écrite, le spectacle pourra varier d’une représentation à l’autre en fonction des réactions du public, indique Charles Gérard. Ensuite, il y a le thème du temps qui s’arrête, avec le veilleur de temps et le voleur de temps. Et là, les rôles non parlant sont essentiels, car ils doivent s’arrêter tous ensemble durant deux minutes vingt, ce qui demande beaucoup de rigueur pour les comédiens et les danseuses."

Si 200 personnes seront sur scène, ce sont 1 000 personnes qui sont mobilisées par ce projet. Bref, une performance à plus d’un titre qui se concrétise devant les yeux du public jusqu’au 10 novembre au centre sportif de Rixensart.

Réservations : 0900.25.550, www.lenfantdesetoiles.com