La Camerounaise, poignardée dans le dos, a été emmenée d'urgence à la clinique Sainte-Elisabeth à Bruxelles.

Le drame s'est produit ce jeudi matin dans un train entre Rhode-Saint-Genèse et Holleken (Linkebeek). L'athlète Fanny Appes a été poignardée dans le dos par son ex-compagnon et a été emmenée d'urgence à la clinique Sainte-Elisabeth à Bruxelles, ses jours ne sont pas en danger. L'homme âgé de 30 ans est en fuite, une enquête judiciaire a été ouverte.

Cela faisait plusieurs mois que la jeune Camerounaise, ancienne athlète au club d'athlétisme nivellois (CABW), était harcelée par son ex-compagnon. "Le point de départ de leur séparation, c’est lorsqu'elle a annoncé qu'elle devait participer aux Championnats d’Afrique d’athlétisme avec le Cameroun, explique Noël Levêque, le président du club. Il a alors déchiré son passeport, en prétextant qu'il ne l'avait pas fait exprès. Elle a refait un passeport mais est arrivée en retard pour l’une des épreuves qu’elle devait faire et n'a pu y participer."


L'ex-compagnon a fait vivre à la jeune trentenaire un véritable enfer durant plusieurs mois : publication de photos compromettantes de Fanny sur les réseaux sociaux, harcèlement sur son lieu de travail (à la piscine de Nivelles) et sur son lieu d'entraînement. Fin janvier, il a même tenté de l'écraser en voiture. Une scène filmée par Fanny qui criait de la laisser tranquille.

"Victime de harcèlement depuis 6 mois, aujourd'hui j'ai plus la force de tenir toute seule, avait-elle écrit sur Facebook. Après plusieurs plaintes déposées, rien n'est fait de manière concrète pour éloigner cet homme de moi. La police me fait comprendre qu'il s'agit de la lenteur des procédures. Je comprends tout à fait cela, mais pourquoi des mesures directes de coercition ne sont pas prises directement d'abord pour protéger les femmes ?"

L'appel aux secours que Fanny avait publié sur Facebook il y a quelques semaines :

© FACEBOOK

Elle a déménagé, changé de job et avait arrêté les entraînements

Ce harcèlement a poussé Fanny à changer complètement de vie. "Elle a décidé de changer de travail et espérait vivre cachée, poursuit le président du club. Elle a déménagé du côté de Braine-l’Alleud et avait déposé plusieurs plaintes à la police locale pour harcèlement. Elle ne venait plus aux entraînements depuis septembre et s'entraînait dans une salle de musculation qu'elle tenait secrète."

Celle que le président présente comme l'une des meilleures sprinteuses du club - si pas la meilleure, dit-il - devra peut-être faire une croix sur sa carrière. "Elle voulait participer aux Jeux olympiques de Tokyo... Sa carrière en athlétisme est brisée. C’est une horreur invraisemblable."