De l'électricité pour environ 15 000 ménages, et une puissance probable de 39 MGW. C'est ce que devrait fournir le nouveau parc éolien qui pourrait s'installer à Nivelles et Braine-l'Alleud. La société brabançonne Greenwind a en effet le projet de construire une dizaine d'éoliennes, au nord de Baulers et à Lillois, au lieu-dit "La Brie".

L'avantage : le vent plus important ici qu'ailleurs en Wallonie, et l'éloignement des premières habitations. "Nous avons en fait étudié deux sites, car nous avons essayé de nous installer au parc industriel de Nivelles, mais ici, les contraintes paysagères étaient moindres. Le site de La Brie est plus étendu", explique François Henriet, le directeur de Greenwind.

Le parc que sa société se propose de construire concerne plus précisément 12 éoliennes d'une puissance de 2 à 3 mégawatts, chacune pouvant donc assurer la consommation de 1 200 à 1 300 foyers. Les douze éoliennes, dont dix se trouveraient sur le territoire nivellois et deux à Braine-l'Alleud, seraient hautes de 150 mètres. Les mâts culmineraient à 100 mètres, tandis que les pales posséderaient une amplitude de 49 mètres. Les machines seraient structurées en étoile, autour d'une éolienne centrale.

La société Greenwind présentera publiquement ce projet le 25 avril à 20 heures, à la salle des mariages de l'Hôtel de Ville de Nivelles. Suite à cette réunion de consultation, la population pourra émettre ses observations et suggestions, pendant quinze jours. Celles-ci devront être transmises par écrit aux communes avec copie à la société.

Cette réunion sert en réalité de préparation à une étude d'incidences sur l'environnement, et permettra aux riverains de déterminer en partie quels éléments devront figurer dans cette étude sur les nuisances. "Dans le cas de construction d'éoliennes, cette étude se penche notamment sur le bruit occasionné par les machines, sur l'ombre portée, ou sur l'effet stroboscopique des pales. Il y a aussi l'intégration dans le paysage. L'influence sur les couloirs de migration est prise en compte, et on étudie également l'influence sur les sites Natura 2000, mais ici, il n'en existe pas à proximité", détaille François Henriet.

Cette étude d'incidences est obligatoire dans le cadre du permis unique que la société introduira auprès de la Région wallonne. C'est en effet le fonctionnaire délégué qui devra rendre une décision, tandis que les communes doivent, elles, se limiter dans ce cas à donner un avis, mais qui peut toutefois peser fortement dans la balance. Les autorités communales concernées ont déjà été approchées par Greenwind, qui fait état de "premiers contacts encourageants". Mais pour se prononcer officiellement, les communes attendent de découvrir le dossier détaillé, qui ne leur a pas encore été remis. Comme Braine-l'Alleud et Nivelles, Greenwind attend les réactions du public et les résultats de l'étude d'incidence.

Quoi qu'il en soit, si ce parc de 12 éoliennes en vient à être construit sur les terrains choisis (qui appartiennent au CPAS ou des fabriques d'église), il ne devrait pas être agrandi dans l'avenir. Et la distance entre les éoliennes et les premières habitations s'élèverait, hormis pour une ferme, à environ un demi-kilomètre, au lieu des 350 mètres requis dans ce cas. Suite aux remarques de la population et aux résultats de l'étude d'incidence, le projet pourrait d'ailleurs aussi être réaménagé. "On pourrait diminuer le parc d'une ou deux machines, par exemple", précise François Henriet.

Pour la société Greenwind, basée à Louvain-la-Neuve, ce sera le premier projet en Brabant wallon. Fondée en 2002, elle a déjà été autorisée par la Région wallonne à construire 27 éoliennes réparties dans trois parcs, à Cerfontaine, à Froidchapelle et à Chimay, où elle développe un partenariat avec la brasserie. Elle mène également actuellement d'autres projets, à Doische, à Mignault (près de La Louvière) et à Tellin.