Un recours contre l’arrêté ministériel interdisant les véhicules lents sur la N25.

Ils l’ont promis, ils l’ont fait : les agriculteurs ont introduit un recours devant le Conseil d’État contre l’arrêté du ministre wallon de la Sécurité routière Carlo Di Antonio qui interdit la circulation des véhicules lents sur la N25 à partir de 2020. La Fédération wallonne de l’agriculture (FWA), qui a mené des actions sur le terrain lundi en bloquant sept accès de la nationale durant une partie de la matinée, avait prévenu qu’elle introduirait un recours devant la plus haute juridiction administrative du pays si le ministre ne revenait pas sur sa décision.

"Continuant à suivre sa logique depuis le début de ce dossier, à savoir l’absence de prise en considération du monde agricole et des contraintes de celui-ci, le ministre Di Antonio n’a donné aucune suite à cet ultimatum permettant d’assurer la concertation indispensable à ce dossier, a indiqué le syndicat agricole dans un communiqué. La Fwa regrette qu’un ministre sortant dont les prérogatives sont en principe limitées et encadrées soit passé outre toute concertation et dialogue constructif avec les principaux interlocuteurs concernés. […] Dès lors, la FWA n’a, dans le but de défendre au mieux les intérêts du monde agricole, d’autre choix que de recourir à la justice en introduisant un recours en annulation et en suspension à l’encontre de l’arrêté faisant grief."

Début août, Carlo Di Antonio avait annoncé que la N25 serait réservée à la circulation automobile à partir du 1er janvier 2020, sauf convois exceptionnels dûment autorisés.

Renforcement et réhabilitation

Parallèlement, sont prévus le renforcement et la réhabilitation de la N237 à Court-Saint-Étienne et le réaménagement partiel du stationnement de la rue de Ways à Genappe. La FWA continue à plaider pour une réduction de la vitesse à 90 km/h sur l’ensemble de la N25 afin de réduire le différenciel de vitesse entre les voitures et les véhicules lents. Le ministre dément un manque de concertation. "Quatorze réunions en deux ans. Une étude de mobilité dont les conclusions sont très claires. Des chiffres sécurité routière tout aussi évidents. Il fallait au terme de tout cela prendre ses responsabilités. Mais le successeur aura bien entendu la possibilité de faire autrement", a-t-il notamment répondu sur Twitter à un internaute qui l’interpellait sur le sujet.