L’intervention policière survenue dans une habitation de Waterloo vendredi soir a fait grand bruit sur les réseaux sociaux. Sur les vidéos et les photos qui ont très rapidement circulé sur le web, on voit des policiers intervenir en nombre suite à une infraction Covid, avant que la situation ne dégénère. Et que des coups ne soient portés de part et d’autre.

Du côté de la police et de la bourgmestre de Waterloo (cheffe administrative de la police), on ne fait pas de commentaire sur l’affaire en question : "L’enquête est en cours, c’est au procureur du Roi de s’exprimer. Mais on vous confirme que l’intervention policière pour une infraction Covid était justifiée et qu’elle s’est déroulée mandat à l’appui."

Par contre, on pointait le manque de recul sur les réseaux sociaux. "Les vidéos sont balancées sur Facebook sans aucun recul sur ce qu’il s’est passé, sans que le contexte ne soit énoncé et sans livrer une double version des faits , expliquent Michel Vandewalle et Florence Reuter. Des témoignages à charge sans qu’aucun devoir de réserve ne soit conservé. Pourtant, jusqu’à preuve du contraire, ce sera bien à la justice de décider des éventuelles mesures à prendre."


Rappelons que les propriétaires des lieux et leur fille aînée sont cités à comparaître le 25 janvier devant le tribunal de Nivelles. Pour rébellion, non armée en bande, coups et blessures volontaires sur trois agents de police dans l’exercice de leur fonction et d’infraction aux mesures Covid. Ils ont d’ores et déjà annoncé leur volonté de porter plainte contre les policiers, pour coups et blessures et abus de pouvoir. Ils sont défendus par l’avocat bruxellois Abdelhadi Amrani.

"Je ne dors plus depuis 3 jours"

Sur les réseaux sociaux, Valérie, la mère de famille dont le nez a été fracturé, a une nouvelle fois livré sa version des faits, pointant du doigt le comportement des "cowboys de Waterloo" comme elle les appelle. Elle dénonce le caractère "disproportionné" de l'intervention "pour 3 ados". Elle raconte comment ses trois enfants ont assisté à toute la scène. "Notre fille de 13 ans a hurlé à son frère et à sa soeur qui étaient à l'intérieur: 'Ils sont en train de tuer les parents!'"

"Notre aînée de 19 ans est alors sortie en leur disant qu'ils étaient fous, qu'ils m'étouffaient (ce qui est vrai, c'est le premier moment où j'ai perdu connaissance). Elle a voulu s'approcher de moi et s'est fait prendre violemment, les 2 bras dans le dos et soulever du sol sur plus de 10 mètres. Mon fils de 16 ans n'a pas calculé en voyant la scène, il a sauté sur le policier et s'est immédiatement fait plaquer au sol et menotter. C'est à ce moment-là que je me suis évanouie par étranglement la deuxième fois", poursuit Valérie.

Elle explique aussi que les policiers lui ont plaqué la tête contre sa voiture à plusieurs reprises. "Les chocs étaient si violents que le phare de la voiture en est sorti du capot", écrit-elle. "J'avais du sang plein le visage, mes cheveux collaient sur ma peau et m'empêchaient de respirer, je les suppliais de me les enlever, ils me riaient au nez et tournaient encore un petit coup les menottes dans mon dos pour me faire mal ! Il faisait froid, je portais un petit pull, je leur ai demandé plus d'une dizaine de fois de me donner mon écharpe qui était dans ma cuisine, en vain! "

Trois jours plus tard, Valérie se dit encore traumatisée par cette intervention. "Je ne dors plus depuis 3 jours, je n'arrête pas de pleurer, mes enfants sont choqués et ma cadette est complètement renfermée sur elle-même, elle ne parle pas de ce qui s'est passé, je pense que les dégâts psychologiques sont plus que graves...", conclut-elle.