Les cadavres gisent à l’air libre et sont en contact avec les vaches de la ferme.

Les riverains et les parents d’élève n’en peuvent plus. Cela fait des années qu’ils se plaignent de la gestion plus que douteuse des animaux de la ferme située à côté de l’école maternelle de Tangissart (Court-Saint-Étienne). L’exploitation compte notamment des moutons, des vaches, des poules et des oies répartis sur plusieurs terrains le long de la rue de Villers. Mais leurs conditions sont plutôt préoccupantes : les oies sont nourries dans un receveur de douche ; des vaches et des brebis seraient enfermées dans une maison transformée en étable ; et pire encore, des cadavres de bêtes gisent à même le sol, à l’air libre et en contact avec les autres animaux de la ferme.

Des conditions de vie préoccupantes

C’est Sabah, une riveraine, qui a donné l’alerte après avoir vu, deux jours de suite, deux bêtes mortes, sans aucune bâche sur leur corps. "Je les ai vues en allant conduire ma fille à l’école. C’est une catastrophe, il y a une odeur nauséabonde. Des fois, il y a des moutons couchés avec les pattes en l’air. On voit des animaux souffrir, je ne comprends pas pourquoi on ne fait rien. On en a des haut-le-cœur."

Au courant du problème, le refuge Sans Collier, à Perwez, s’est rendu sur place mardi pour constater la situation. Les responsables jugent les conditions de vie des animaux préoccupantes. "Il y a un problème de gestion sanitaire grave, confirme le directeur du refuge Sébastien de Jonge. Les cadavres sont en présence des autres animaux, dans la même prairie. C’est complètement interdit de laisser un cadavre de cette manière. En outre, trois cadavres pour un petit cheptel comme celui-ci, c’est préoccupant."

Un délai d’enlèvement trop long

Les trois bêtes ont été enlevées par une société d’équarrissage ce mercredi matin, soit plus de 24 heures après le décès du veau. Le directeur du refuge juge ce délai d’enlèvement particulièrement long, alors que les sociétés interviennent habituellement quelques heures après l’appel.

Il pointe en outre des conditions douteuses de détention et d’hébergement des animaux. "Une série de vaches ont de la fange et de la boue jusqu’aux deux tiers du corps. Or, naturellement, les vaches ne se couchent pas dans la boue. Il doit y avoir un problème de logement."

Mais alors que le refuge plaide pour une descente des services compétents, le bourgmestre, habilité à ordonner la saisie des animaux maltraités, dit ne pas disposer d’éléments prouvant une quelconque maltraitance. "Je vais contacter les services régionaux et les différents organismes de bien-être animal pour voir ce qu’il y a lieu de faire", indique Michael Goblet.