Le cylindre assyrien", sculpture-fontaine de Didier Rousseau place Rabelais, "C'est la vie" peinture murale de Claude Rahir à l'Agora ou encore "La Cité", sculpture-signal de Philippe Denis sur le clocheton du collège Descamps... La ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve accueille une centaine d'œuvres d'art. Elles sont répertoriées dans un guide, fruit d'une collaboration entre la Ville et l'UCL, "l'Art dans la ville", qui vient de paraître aux Presses universitaires de Louvain et qui propose quatre itinéraires dans le centre, le quartier du Biéreau, de l'Hocaille, le parc scientifique mais aussi, dans une moindre mesure, les autres villages d'Ottignies-LLN.

Soit "une invitation à la flânerie et à découvrir les sites, à poser un autre regard sur les sites urbains, un regard orienté culture", note le bourgmestre Jean-Luc Roland, qui souligne qu'à Ottignies-LLN, pôle culturel du Brabant wallon, cette "volonté de présence culturelle" est notamment marquée par la présence d'œuvres d'art dans l'espace public. "Une fonction dont on ne peut se passer si on veut être une vraie entité urbaine, c'est la fonction culturelle, enchaîne le recteur de l'UCL Bernard Coulie. Dès le départ, on a été attentif à la place de la culture et de l'art. L'idée était présente dans le concept de LLN." L'art dans la ville constitue un des volets de la place de la culture et de l'art dans l'université, mais, affirme le recteur, il y en a d'autres : les programmes, les artistes en résidence... Les entreprises qui s'installent dans le parc scientifique de Louvain-la-Neuve doivent aussi consacrer 2 % de la valeur de l'investissement à l'acquisition d'une œuvre d'art. A LLN, d'autres œuvres ont été offertes par l'UCL, des anciens, des fondations, des régionales ou par l'artiste lui-même...

Dans la ville, parmi les œuvres, "la diversité est apparente, et la multiculturalité de la ville est flagrante, explique Wivinne de Traux, critique d'art et co-rédactrice de l'ouvrage, qui précise qu'on trouve les œuvres dans le parc scientifique, les allées urbaines, les parkings, les rues.... "Certaines œuvres passent plus inaperçues, d'autres créent aussi une affinité avec l'environnement, note l'auteur, citant par exemple "la Ronde des menhirs", de Pierre Culot, située sur la place Montesquieu, ses blocs de pierre bleue formant une sorte "d'amphithéâtre" : "C'est à la fois un mobilier urbain, un écrin pour le végétal, de l'architecture..." D'autres lieux sont difficiles à intégrer, comme par exemple le rond-point de la N4 et de la N25. "Ce n'est pas facile d'être une œuvre d'art de rond-point ! C'est rare les cas où cela fonctionne bien ! Ici, c'est un exemple. Il s'agit de deux disques de bois (700 cm), dont l'un est ajouré. L'un des deux répond à l'environnement rural, ouvert comme les champs de blé à la moisson. En fonction de la place de l'automobiliste, les disques s'entrecroisent ou se redressent. La vision est à chaque endroit différente..." La critique d'art épingle également les "Racines vivantes", œuvre qui aurait dû être éphémère, décorant les piliers de soutien du collège Erasme, côté lac. "Cela donne du sens, interroge le sens d'une ville comme LLN. Ce sont les racines que la ville se cherche encore, qu'elle est en train de se retrouver. C'est une référence au passé, à l'histoire de la ville et à son devenir..."

A LLN, toutes les œuvres peuvent être approchées et touchées, d'autant plus facilement que l'on se trouve dans une ville piétonne.

Mais, s'il arrive effectivement que des œuvres subissent du vandalisme, il est plutôt rare, selon le bourgmestre, qui cite ainsi l'exemple de l'œuvre les "4 saisons", qui fut longtemps juste à côté de la maison des Jeunes, et qui n'a pas souffert de cette proximité. "Le beau se fait respecter", renchérit Anne-Marie Kumps, administrateur général de l'UCL. Et "le fait que les gens s'approprient les œuvres, que les gens du quartier fassent partie du projet, c'est important", ajoute Wivinne de Traux. D'autre part, les œuvres sont protégées par un produit contre les tags.

© La Libre Belgique 2009