La priorité des Néolouvanistes mais aussi de tous ceux qui vont dans la cité universitaire pour travailler ou pour se distraire est, à l'évidence, la problématique du parking. La liste locale qui se présentera aux prochaines élections communales l'a bien compris et en a fait un de ses chevaux de bataille. Lors de sa dernière conférence de presse, Jacky Reginster avait promis une enquête sur le taux d'occupation des parkings payants du centre-ville. C'est fait! Les données ont été relevées entre le 14 avril et le 15 mai. Elles ont été regroupées par jours de semaine et les deux lundis fériés -celui de Pâques et le 1 éme r mai- ont été considérés comme des dimanches. Afin de ne pas prêter le flanc à la controverse, les promoteurs de l'enquête ont communiqué leur méthodologie. Elle est toute simple puisqu'ils ont pu se contenter de relever les données affichées sur les panneaux lumineux extérieurs qui font état des places restées libres. Des informations qui sont donc livrées par l'exploitant. A noter que les résultats doivent être vus comme des tendances et en chiffres absolus.

Le coup de sonde est éclairant. Ainsi, les 1 537 places sous le centre commercial de l'Esplanade sont loin d'être occupées en semaine. Du lundi au vendredi, l'occupation moyenne n'est que de 13 pc entre 8 et 18 h et de 6 pc en soirée, jusqu'à 21 h. Par contre, il y a une pointe d'occupation le samedi à 16 h de... 48 pc. Le dimanche, enfin, l'Esplanade est vide mais c'est logique puisque les commerces sont fermés!

Pour les autres parkings payants, le parking Charlemagne obtient les meilleurs résultats par rapport à ceux de la Grand-Rue et de la Grand-Place mais l'occupation dépasse à peine la moitié avec 53 pc en soirée et le dimanche et 50 pc pendant la journée. Les autres restent largement sous-utilisés: dans celui de la Grand-Rue, seule une place sur trois est occupée alors que les moyennes de la zone de la Grand-Place vont de 14 pc (le dimanche) à 22 pc (les jours de semaine). Ce n'est sans doute qu'un sondage mais pour Jacky Reginster et Yves van Steenberghe et leur équipe, les résultats sont suffisamment éloquents pour réagir pour qu'à terme, cela ne se répercute encore plus sur la vie associative de Louvain-la-Neuve.

«Les acteurs décisionnels de LLN ne peuvent continuer à se croiser les bras: l'université et la commune mais aussi le promoteur doivent agir. Loin de nous l'idée que l'on pourrait revenir à la situation antérieure; il faut donc adapter les tarifs sur base du principe win-win.» Concrètement, la liste «LLN» demande un tarif forfaitaire de 1 €, tous les jours de 8 h à 18 h. Le dimanche, ce tarif passerait à 2 €. Par ailleurs, les tarifs pleins devraient connaître une diminution générale de 40 pc. Enfin, les habitants du centre urbain, installés sur la dalle, en pleine zone piétonnière qui ne peuvent se garer en surface devraient s'acquitter d'un forfait de 1 € par jour.

«Les habitants du centre», expliquent les promoteurs de l'enquête, «sont relégués dans les quartiers extérieurs. Quant aux commerçants, ils paient trois fois: pour eux et pour leur personnel, pour la clientèle qui reçoit un ticket gratuit et pour les clients qui ne viennent pas ou plus. Mais les tarifs actuels tueront aussi à terme toute la vie sociale et culturelle qui fait le charme du centre urbain...»

© La Libre Belgique 2006