"Ne les abandonnez pas ! Quoi ? Les chiens ? Non, les étages des commerces !" Le dessinateur Marco Paulo s’en est donné à cœur joie afin d’illustrer, en direct, les exposés des intervenants participant au midi de l’urbanisme organisé par la maison de l’urbanisme à l’hôtel de ville de Wavre, vendredi et centré sur cette question : Qui veut habiter au-dessus de mon commerce ?

Si le sujet est sérieux, il a permis au dessinateur de croquer… un pigeon occupé à signer un bail. C’est que, à Wavre, comme l’a confié Emile Delvaux, le président de l’association des Commerçants, "les étages sous les toits sont habités par les pigeons" .

Incitants communaux ou régionaux

Pourtant, idéalement, la situation devrait changer. Accueillir des locataires aux étages permettrait, d’une part, de redensifier le centre-ville de la cité du Maca et, d’autre part, de diminuer les loyers imposés aux commerçants par les propriétaires.

Des propriétaires qui sont apparemment en train de changer leur fusil d’épaule, a indiqué Emile Delvaux. Une quinzaine de familles possèdent des bâtiments dans le centre-ville de Wavre.

Et pour une famille qui dispose de 7 ou 8 bâtiments, un bâtiment vide représente environ 10 % de recettes en moins. "Par contre, 40 ou 50 % de recettes en moins si les commerces ne sont pas reloués directement, là on voit la différence."

Reste que pour le président des Commerçants, aménager les étages des commerces afin d’y accueillir des locataires et surtout aménager des accès à ces étages, ce sera possible moyennant des incitants communaux ou de la Région.

Accès aux logements

A Bruxelles, de telles démarches ont été entreprises, a détaillé Catherine De Zuttere, juriste et urbaniste au Centre d’études et de recherches urbaines (ERU) qui a présenté le travail effectué dans la capitale de 2001 à 2012, depuis le recensement des étages vides, jusqu’à l’aménagement d’une partie des espaces afin d’accueillir des locataires et ce, sans diminuer les espaces des vitrines.

Ce qui peut passer par des accès par l’arrière des commerces mais aussi des péristyles à l’avant ou des accès derrière des caissons vitrine, par exemple. A Wavre, d’ailleurs, un exemple existe déjà. Dans l’ancien magasin Yves Rocher à la rue Haute, une cage d’escalier mène à trois appartements aux étages au-dessus de la surface commerciale du rez-de-chaussée.


"Faire de Wavre une ville sexy"

Des maisons anciennes appartenant à différents propriétaires, des soucis d’isolation acoustiques, sans compter qu’il faudrait compter une année complète afin de vider les immeubles, le temps d’y faire des travaux afin de réaliser des logements…

Ce sont autant d’obstacles pointés par l’un des participants au midi de l’urbanisme qui s’est ensuite pris à rêver à des passerelles permettant d’une part les accès aux commerces, en hauteur, mais aussi dans la foulée à protéger le chaland des intempéries : "S’il est vrai que les célibataires et les personnes âgées reviennent dans les centres-villes, encore faut-il que les centres soient accueillants. Pour cela, il faudrait que Wavre ait une identité et que la ville devienne piétonne et faire de Wavre une ville sexy. En 30 ans, y a-t-il eu un seul investissement réalisé pour améliorer le confort d’habiter à Wavre ?"

L’occasion pour Emile Delvaux d’expliquer que Wavre a un concurrent énorme : la pluie. "Reste que protéger les chalands sur les trottoirs est impossible pratiquement. En cause : les exigences des pompiers en matière d’accès aux étages et placer des "parapluies" sur les façades à un niveau identique s’avéreraient impossibles, compte tenu du bâti. Enfin, faire d’une ville qui fonctionne bien une ville piétonne, c’est positif, mais ce ne serait pas le cas dans une ville qui connaît des difficultés."

Et le président des commerçants de rappeler le projet de réaliser un parking à étage aux Mésanges, mais aussi sur le site de l’ancienne usine électrique ou encore le projet privé qui doit se concrétiser à la galerie des Carmes, combiné avec un parking à étages aux Carabiniers.

Françoise Pigeolet , bourgmestre ff par ailleurs en charge du Commerce, a précisé que les résultats du schéma de développement commercial devraient être connus à la fin du premier trimestre. "Bref, nous restons attentifs à faire bouger Wavre."