En 2005, la Fnac avait renoncé à s'installer à Louvain-la-Neuve dans le nouveau centre commercial L'Esplanade. Mais la grande surface culturelle a fait volte-face un an et demi plus tard. Les dirigeants de la chaîne française souhaitent, en effet, s'installer dans la cité universitaire mi-2007. Les 2 000 m2 de la boutique devraient accueillir environ un million de visiteurs annuels.

L'arrivée de ce géant inquiète les autres commerces du secteur à Louvain-la-Neuve. Une dizaine de commerçants spécialisés en culture (Agora, Slumberland, Photogénie, Belgique Loisirs...) ont donc envoyé un courrier en ce sens au bourgmestre et aux échevins d'Ottignies-Louvain-la-Neuve. "Louvain-la-Neuve bénéficie déjà d'une offre très supérieure à la moyenne pour les produits culturels", expliquent-ils dans cette lettre.

La nouvelle offre occupe, en effet, 3 500 m² sur les 35 000 m² du centre commercial. Sûrs de l'absence de la Fnac à LLN, les différents commerçants ont investi environ 3 millions d'euros sur une période de moins de 18 mois, une somme loin d'être amortie. Ils se sentent donc "très vulnérables à toute perte de chiffre d'affaires qui résulterait de l'ouverture de la Fnac", ajoutant que les implantations de magasins Fnac en France ont appauvri l'offre de produits culturels à Bourges, Chartres ou Perpignan.

Le directeur de Fnac Belgique, à l'annonce de l'installation d'un magasin à LLN, avait pourtant voulu rassurer. Il ne venait pas "pour dévorer les autres", affirmant que la coexistence entre la Fnac et des librairies de grande taille s'était passée sans dégâts en France.

Les commerçants culturels de Louvain-la-Neuve, eux, s'étonnent surtout que l'implantation de la grande surface n'ait fait l'objet que d'un dépôt de permis d'urbanisme et non d'un permis d'implantation commerciale dit permis "socio-économique".

"Il semblerait que ce deuxième permis n'ait pas été jugé nécessaire parce qu'il aurait été accordé globalement au promoteur Devimo pour l'ensemble de son projet."

Ils demandent donc à la Ville de réfléchir à l'opportunité d'imposer un permis d'implantation. Les services de la Ville examineront si la Fnac doit se soumettre à ce type de permis. Si c'est le cas, elle ouvrira une enquête socio-économique.

© La Libre Belgique 2006