Brabant Des élèves ont assisté à un accident de train virtuel orchestré par Infrabel.

C’est impressionnant parce qu’on est tout près de celui qui se fait écraser par le train. La première fois, c’est vrai que je n’ai rien vu arriver. Ce n’est que la deuxième fois, avec le ralenti, que j’ai vraiment compris ce qui s’est passé…" Damien, un élève de l’Institut provincial des arts et métiers (IPAM), était parmi les quelque 300 jeunes qui ont vécu hier, de tout près mais de manière totalement virtuelle, un accident de train.

Avec des lunettes spécifiques pour bénéficier d’une vision à 360 degrés, un casque audio ainsi qu’un dispositif qui fait vibrer le sol d’un podium de 35 m2 et utilise des basses, l’illusion de longer les voies est totale. Le film a été tourné à la gare d’Ottignies, et ceux qui sont équipés du casque de réalité virtuelle marchent aux côtés d’un jeune de leur âge qui croise des amis et papote avec l’un et l’autre avant de rejoindre un jeune qui l’appelle de l’autre côté des voies. Une demi-seconde pour prendre la mauvaise décision, le sol qui tremble, l’éclair du passage du train, et c’est le trou noir…

Treize morts l’année passée

Le système est baptisé "The Floor" et il était mis en œuvre pour la première fois en Brabant wallon, hier, à Nivelles. C’est à la demande de l’IPAM qu’Infrabel est venu, pour une journée, installer ce dispositif qu’ont pu tester tous les élèves de 1re et 2e secondaires. Tout établissement scolaire qui se sent concerné peut faire une telle demande.

Avant de monter sur le podium vibrant de The Floor, les jeunes ont également bénéficié d’une petite séance de théorie rappelant notamment qu’il est impossible d’évaluer, comme on pourrait le faire avec une voiture, la vitesse d’un train qui s’approche. "Il peut rouler à 120, 140 km/h. La barrière du passage à niveau s’abaisse, mais vous avancez pour ramasser votre GSM en vitesse. Le temps de le prendre et de se relever, c’est trop tard, explique Frédéric Sacré, le porte-parole d’Infrabel. Alors que nous supprimons des passages à niveau et que nous menons des actions de sensibilisation depuis des années, il y a encore eu treize morts l’an dernier : quatre suite à des intrusions sur les voies, et neuf pour des comportements imprudents aux passages à niveau."

Outre ces drames, les incidents de ce type - le signalement de personnes qui se baladent le long des voies surtout - constituent la première cause de retard externe sur le réseau ferroviaire belge. En effet, dans un tel cas, la procédure oblige les conducteurs à freiner en urgence pour minimiser les risques d’accident. Et en 2018, cela représentait plus de huit heures de retard cumulé chaque jour.