Voisine du Domaine Solvay de la Hulpe, aux portes de Bruxelles, elle constitue la plus grande réserve naturelle du Brabant wallon. Exceptionnellement, la réserve de Nysdam, à La Hulpe, sera ouverte au public ce samedi, dans le cadre du "Week-end pour la nature", organisé par Natagora. Le public sera invité à participer à la gestion et à la conservation de ce site de 43 hectares. Au programme, plusieurs chantiers, dont la restauration de zones marécageuses, afin d'y faire revenir butors, râles d'eau ou martins-pêcheurs.

"L'objectif est la réouverture du milieu", explique Manu Prignon, conservateur de la réserve. "Il faudra notamment éliminer les arbres qui repoussent, ou faire de la recoupe d'arbustes. Grâce à un chantier similaire, en une année, la population de libellules a par exemple été multipliée par dix."

Abandonné pendant plusieurs décennies, le site devait devenir un parc de bureaux. Mais avec l'appui de la commune, la société propriétaire Herpain a accepté en 1999 une convention avec Natogora, confiant à celle-ci la gestion d'une partie de la zone. Pour remplir sa mission, l'ASBL fait appel aux bénévoles, mais s'inscrit aussi dans un programme "socio-environnemental". "Il y a très peu de budgets pour l'environnement ou pour ce type de gestion naturelle. Il faut donc faire preuve de créativité", explique Manu Prignon. Le conservateur collabore donc avec des organismes éducatifs, tel Solidarcité à Bruxelles, qui réunit des jeunes en décrochage scolaire entre 17 et 25 ans. Ensemble, les participants et Natagora se fixent des objectifs environnementaux, comme la gestion et la restauration du milieu, ainsi que des objectifs sociaux : entraide et solidarité, recul par rapport au quotidien ou réapprentissage de la vie en groupe. "Il y a de réels résultats, comme le prouvent les évaluations de fin d'année. Il faut dire que c'est un milieu particulier : la réserve est relativement grande, retirée, et l'on y trouve un sentiment de paix. Et c'est une expérience difficile, dans un milieu hostile." Le Crabe (Coopération, recherche et animation pour le Brabant wallon de l'est) envoie également des stagiaires, afin de les initier à l'élagage, à la fauche ou au travail à l'aide d'engins. La province du Brabant wallon a d'ailleurs financé ces travaux d'économie sociale, qui ont servi de tremplin à la création d'une entreprise. Pour Manu Prignon, ces travaux et subventions donneront d'importants résultats dans les deux ou trois prochaines années. Actuellement, le Nysdam constitue déjà "une réserve patrimoniale en matière d'archéologie paysagère". "Elle comporte tous les types d'habitats que l'on trouve dans le Brabant wallon : étangs, marais, pâtures avec vergers, prairie de fauche, forêt de feuillus... C'est un des derniers vestiges qui nous montre ce que le Brabant wallon était il y a 150 ou 200 ans." De nombreuses thèses de doctorat et des mémoires ont été réalisés sur le Domaine de Nysdam, qui fait aussi l'objet d'un suivi scientifique de l'Institut royal des Sciences Naturelles.

Infos : Web www.natagora.be, 02.538.89.01.