Coucher la vie des autres sur le papier, c’est l’activité dans laquelle Christine Roberti s’est lancée depuis ce début d’année.

Biographe après de nombreuses années dans le secteur bancaire, cette habitante de Gistoux était ce week-end au centre sportif du Ronvau pour participer au premier Salon des artistes et des artisans de l’entité.

"L’objectif est, je ne le cache pas, de me faire connaître", explique Christine Roberti, qui organise aussi des ateliers de jeux de mots pour enfants. "Les biographes ne sont pas très nombreux en Belgique francophone. La demande potentielle existe, pourtant, qu’elle vienne directement de ceux qui veulent témoigner ou de leurs proches qui désirent, par exemple, avoir un souvenir du passé de leurs (grands-)parents."

Sur le terrain, cette licenciée en communication sociale de l’UCL ne se sépare ni de son enregistreur, ni de son bloc de feuilles. Une heure d’écoute et de recadrage si besoin est ensuite suivie d’un important travail de réécriture. Voilà là les deux pans du boulot de biographe.

"Ces deux aspects me plaisent énormément", affirme Christine Roberti. "D’abord pour le contact humain. Me rendre chez les gens, les interviewer, les laisser s’exprimer en essayant juste que cela ne parte pas dans tous les sens, j’aime beaucoup. Ensuite, il y a le travail plus solitaire de la rédaction. Il s’agit de transmettre des informations tout en laissant transparaître les confidences. Que les faits et anecdotes côtoient également les émotions."

Si ce genre de rencontre peut faire du bien à ceux qui se confient, la biographe évite de parler de thérapie ou de rôle de psychologue. Tout au plus constate-t-elle le soulagement que certains ont en livrant, en déballant leurs souvenirs à autrui, cet héritage immatériel qui, faute de trace écrite, finira peut-être un jour par être déformé voire oublié.

Le premier Salon des artistes et des artisans s’est tenu ce week-end au complexe sportif du Ronvau. Quelque quarante-cinq participants y étaient attendus. "L’idée de départ est venue du syndicat d’initiatives", précise d’emblée l’échevine Bérangère Aubecq. "Il s’agissait de montrer le potentiel créatif des habitants de l’entité. Lesquels se sont déjà montrés très heureux de l’organisation d’un tel événement sur lequel je souligne le gros travail préparatoire de Philippe Duponcelle, le président du SI."

Au programme : sculpture, peinture, meubles en carton, patchwork, poupées en tissu, objets détournés… "L’objectif est d’ores et déjà de réitérer l’expérience", assure l’échevine. "Sans doute pas en 2014 mais probablement par la suite."