Pour les uns, c’est un divertissement fun. Pour les autres, c’est-à-dire tous ceux et celles qui subissent les lubies des participants, c’est un anachronisme à l’heure où l’on combat le bruit, la pollution et les dépenses inutiles. Le Cannonball run Europe, qui devrait partir cette année, pour sa 18e édition, de Genval, réunit des pilotes fortunés qui participent à un rallye sauvage à travers l’Europe au volant de bolides luxueux, sans marquer d’égards pour le Code de la route.

Pendant une semaine, des Lamborghini, des Ferrari, des McLaren, etc., sillonneront grandes et petites routes du continent vers une destination tenue secrète. Les cinquante participants ont dû débourser 5200 euros pour s’inscrire. La plupart sont des hommes d’affaires ou des aristocrates fortunés et l’on recense peu de femmes parmi eux.

Le Cannonball est né dans les années 70, aux États-Unis. Il s’agissait alors de rallier New York à Los Angeles le plus vite possible. L’organisateur entendait protester contre les limitations de vitesse. En 1981, "The Cannonball Run" faisait un tabac au cinéma, avec Burt Reynolds dans le rôle titre. On l’y voyait en tenue de Superman et ce type de déguisement est aujourd’hui volontiers adopté par les compétiteurs. À chaque étape du périple, ceux-ci descendent dans des palaces et festoient joyeusement. Seule condition pour reprendre le départ : satisfaire à l’éthylotest.

Les organisateurs parlent non d’une course mais d’un rallye. Ils décernent la palme à celui qui respecte la moyenne de 100 km/h. Mais certains itinéraires ne se prêtent pas à cette moyenne. Alors, certains se rattrapent sur les tronçons rapides, avec des pointes de 280 km/h.

Inutile de préciser que les forces de l’ordre surveillent l’épreuve de près et sévissent régulièrement. Elles n’ont toutefois pas pu empêcher plusieurs accidents venus ternir ce qui ressemble, pour beaucoup, à un amusement de vieux enfants gâtés.