L'Unesco a indiqué vendredi avoir demandé à la Belgique des explications concernant des dessins véhiculant des "clichés antisémites" qui pourraient, d'après l'institution, être utilisés lors de l'édition 2020 du carnaval d'Alost. "On a demandé à l'ambassadeur (belge auprès de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) de passer nous voir pour évoquer le sujet et nous donner des explications", a indiqué un responsable de l'institution onusienne établie à Paris.

Le carnaval d'Alost 2020 aura lieu du 23 au 25 février prochain. Connu pour ses chars satiriques, il a été pointé du doigt en début d'année pour l'un d'eux, qui comprenait des personnages juifs caricaturaux défendant un coffre que l'on suppose rempli d'argent. Taxé d'antisémitisme, le char de la compagnie Vismooil'n a entraîné l'évènement folklorique sur le chemin de la polémique, si bien que l'histoire a capté l'attention des médias étrangers et de l'Unesco elle-même. Le carnaval d'Alost est en effet inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de l'humanité de l'Unesco. Certains aimeraient désormais l'en voir retiré.

Un éventuel retrait sera examiné par le Comité du patrimoine immatériel qui se réunit du 3 au 14 décembre en Colombie.

La nouvelle controverse n'est qu'indirectement liée au char de la dernière édition. Il s'agit cette fois-ci de rubans dévoilés en début de semaine dans la presse flamande. Ces rubans destinés à des collectionneurs amateurs du carnaval affichent des dessins qui visent directement l'Unesco, avec à nouveau des personnages juifs caricaturaux. Les dessins, tous ornés d'un détournement du logo de l'Unesco, sont accompagnés de différents slogans comme "nous rions de tout le monde", ou qui rappellent que "l'objectif est la satire". Un des rubans montre un musulman expliquant: "Ils ont aussi ri de nous".

Le bourgmestre d'Alost, Christoph D'Haese, a regretté dans la presse un "mauvais timing", tout en affirmant qu'il ne veut "pas couper les ailes aux carnavalistes". Le maïeur N-VA a par ailleurs souligné que ces rubans sont l'initiative d'un individu, certainement pas de la ville.