Brabant Près de 430 lettres de soutien au projet de dix éoliennes ont été remises aux autorités.

A chaque projet éolien, la rengaine est la même : de nombreuses voix s’élèvent contre le projet, mettant notamment en avant l’impact sur la faune sur l’être humain et sur le paysage. Le projet porté par Engie-Electrabel le long de l’autoroute E411 entre Chaumont-Gistoux et Walhain ne déroge pas à la règle. Et ce sont principalement les habitants de Corroy-le-Grand qui se font entendre des autorités communales.

Pour rappel, le projet consiste en l’érection de dix éoliennes entre le village chaumontois et celui de Libersart, à Walhain. Le tout en deux rangées de cinq éoliennes à l’ouest de l’autoroute E411, pour un montant total estimé à près de 40 millions d’euros. Des engins s’élevant jusqu’à 130 mètres de haut qui devraient produire la consommation annuelle de 16 000 ménages. Soit bien plus que les communes de Chaumont-Gistoux et Walhain réunies.

Mais si le projet entraîne une levée de boucliers, il suscite aussi des réactions enthousiastes de la part de certains habitants.

Impliquée dans le projet - deux des dix éoliennes lui appartiendront -, la coopérative citoyenne Hesbénergie est ainsi parvenue à récolter 430 courriers favorables au projet. Lesquels ont été remis aux autorités communales chaumontoises, hier matin.

"Généralement, ce sont les personnes qui s’opposent au projet qui émettent des remarques lors des enquêtes publiques", confient Emmanuel Mertens et Jean-Paul Halloy, deux membres d’Hesbénergie. "Nous voulions démontrer qu’il y avait aussi des personnes qui y étaient favorables de manière à ce que les fonctionnaires technique et délégué puissent statuer en toute connaissance de cause. C’est une majorité silencieuse qui ne prend généralement pas le temps de s’exprimer."

"Respect des prescrits de la Région"

Les deux hommes précisent aussi que le projet "respecte les prescrits de la Région wallonne". Dont une distance avec les habitations les plus proches supérieure aux normes légales. "Ce projet compte quatre points forts", poursuit Emmanuel Mertens. "D’abord, le site est très venteux et idéal pour y établir des éoliennes. Ensuite, le bruit sera couvert par celui, beaucoup plus important, de l’autoroute. Troisièmement, un raccordement électrique facile. Et enfin, une consommation électrique importante du côté de Louvain-la-Neuve qui justifie la production d’électricité à proximité."

Initié en 2008, le projet comptait à la base treize éoliennes. Mais trois ont été supprimées suite, notamment, à des avis du département de la nature et des forêts (DNF) de la Région wallonne.


3 Questions à Luc Decorte, bourgmestre de Chaumont-Gistoux

Quelle est la position de la commune sur le projet ?

Le collège ne se positionnera que mercredi sur le sujet. C’est donc le point de vue du groupe ARC que j’exprime ici. Notre premier constat est que le cadre éolien de la Région ne prévoit pas d’éoliennes à Chaumont. Ensuite, il manque l’avis de la Défense sur l’impact que le projet aurait sur la base militaire de Beauvechain.

Sur la forme, il y aurait un manque de transparence…

La procédure ne permet pas une transparence et une objectivité parfaites. Engie a commandité l’étude d’incidences et choisi le bureau qui l’a réalisée. Vu que c’est la Région qui tranchera, il aurait été préférable de déposer la demande de permis auprès de la Région (NdlR : plutôt qu’à Chaumont et Walhain) et de laisser cette dernière réaliser l’étude d’incidences.

Et sur le fond, quelle est la position du groupe ARC ?

Une étude d’incidences a été réalisée concernant l’impact sur la faune et la flore. Pourquoi pas sur l’impact sanitaire pour l’être humain et notamment en raison de la proximité de l’école de Corroy ? Pour rappel, on autorise la construction d’éoliennes en Région wallonne à 400 m des habitations alors que la distance minimale est d’1 km voire 1,5 dans d’autres pays européens. Le bien-être des citoyens prime sur les rentrées financières potentielles. A partir du moment où la clarté n’est pas faite sur les incidences sur la santé, le principe de précaution prévaut. De plus, les modélisations des nuisances auraient été générées à partir d’éoliennes qui n’existent pas encore. Comment peut-on dès lors être sûr des répercussions réelles sur la santé des citoyens ? Enfin, il semblerait qu’Engie privilégie la construction d’éoliennes à Chaumont pour une question de coût. Un km de câbles coûterait un million d’euros. Et il faudrait en poster 10 km en hesbaye - qui dispose d’un gisement venteux plus important et se situerait loin des zones urbaines - contre un seul à Chaumont-Gistoux…