Au vu des chiffres (2005-09) le plan cigogne n’a fait que survoler le Brabant wallon, estiment conjointement l’ISBW (Intercommunale Sociale du Brabant wallon et l’Office de la Naissance et de l’Enfance.

Par rapport aux 12609 enfants âgés de 0 à 3 ans répertoriés en 2009, il n’y a que 4396 places d’accueil, soit une place pour un enfant sur trois. "Beaucoup de familles sont donc en attente d’un lieu d’accueil, indique Natacha Verstraeten, présidente de l’ONE Brabant wallon, et ce, même si tous les enfants n’ont pas besoin d’une place d’accueil et si plusieurs enfants peuvent occuper une seul place (accueil à temps partiel)."

Sans compter que le taux d’occupation des femmes est très élevé en Brabant wallon. "Si l’on veut payer une maison, il faut deux salaires, poursuit Jean-Luc Meurice, président de l’ISBW. Et les grands-parents ne sont pas toujours disponibles pour s’occuper de leurs petits-enfants certains travaillent encore." Et si les trois programmations de la Communauté française ont permis d’augmenter le nombre total de places subventionnées (+110 places entre 2005 et 2009), les deux organismes se désolent que le Brabant wallon reste le parent pauvre de l’offre en matière de places d’accueil. Entre 2005 et 2009, 305 places (dont 194 déjà réalisées) ont été accordées à la jeune province sur un total de 3571 places. "Les critères ne sont pas adaptés au Brabant wallon, pointe l’ONE qui dénonce dès lors des lieux d’accueil clandestins, les prix pratiqués 25 euros par jour, dans le non-subventionné, contre 15 euros en moyenne dans le subventionné, le maximum étant 1000 euros par mois dans une maison bio de La Hulpe qui est complète. L’ONE pointe aussi le pourcentage de places d’accueil subventionnées qui diminue d’année en année par rapport aux places non subventionnées.

Les haltes accueil tout comme les projets de co-accueil (plusieurs gardiennes qui accueillent des enfants dans un local généralement communal) se développent, mais sans compenser la diminution du nombre d’accueillantes conventionnées.

Malgré un fort taux de couverture en matière de places d’accueil en Brabant wallon, la demande des parents reste importante et insatisfaite. C’est vrai au niveau de la province et le phénomène se vérifie aussi sur les communes.

L’exemple d’Ottignies est flagrant malgré un important taux de couverture, des parents restent sur le carreau. "Certains nous téléphonent même pour nous demander si c’est le bon moment pour faire un enfant, confie Aurélie Gaziaux, chef du département accueil de l’ISBW. Le nouveau comité subrégional de l’ONE installé cet été va donc s’atteler à réaliser un cadastre des demandes d’accueil insatisfaites, pour le 31 mars 2011. "Ce sera un argument de poids pour la Communauté française, indique Natacha Verstaeten, car il y a un vrai lobbying à réaliser en la matière."