L’équipe d’ouvriers est à pied d’œuvre depuis le 18 janvier. Et le résultat de leur travail se fait déjà percevoir. A l’Aqualibi, les vestiaires ont fait place à des sols et des murs pratiquement nus, où seuls quelques miroirs sont encore accrochés. Et les visiteurs en maillots de bain ont été remplacés par des tas de gravats. Les piscines, rythmées jusqu’il y a peu par les fameuses "vagues", sont vides, mises à part quelques branches coupées des arbres exotiques du parc aquatique. Ceux-ci, d’ailleurs habitués à une température de "29 ° toute l’année", et à présent confrontés à des températures nettement plus hivernales, sont cependant toujours à leur place, mais emmitouflés dans du plastique, afin de les protéger. La plupart seront conservés. "Mais on ne sait pas encore ce qu’on va faire de cet olivier qui a 100 ans, affirme Caroline Crucifix, responsable des relations publiques à Walibi, indiquant un arbre tordu, installé dans ce qui est l’ancienne entrée du parc aquatique, mais qui ne devrait pas pouvoir y rester. Et on ne peut pas le mettre dehors. On cherche une œuvre, pour le donner " Mais le chantier de démolition et de rénovation du parc aquatique wavrien, fermé depuis le 4 janvier, ne s’arrête pas là.

Au pied de la rivière sauvage, au milieu des blocs de béton, censés représenter les pierres d’un temple inca, une petite grue s’apprête à faire son travail d’évacuation des gravats. Une partie du "temple" disparaîtra d’ailleurs pour faire davantage de place à une zone pour enfants. Plus loin, une partie des vitres du bâtiment de 6000 mètres carrés a disparu. Et à l’extérieur, une haute grue est également à l’œuvre : la mission du jour est d’éliminer les deux boas de 110 mètres de long dont une partie s’étend sinueusement hors de l’édifice, à plusieurs mètres de hauteur. Ils sont en effet destinés à être remplacés par des nouveaux boas de dimension différente. Ce travail a débuté mardi matin et devrait se terminer ce vendredi. Deux ouvriers, juchés sur une nacelle, sont chargés de faire disparaître les immenses morceaux de tubes de polyester. "Tout d’abord, on élingue le tronçon, c’est-à-dire que l’on enroule d’une sangle pour le manutentionner. Ensuite, on découpe les boulons au chalumeau, explique au sol Antoine Barbier, de la société Hublet, conducteur du chantier de la démolition d’Aqualibi, alors que les premières étincelles jaillissent dans l’air froid. Ensuite, on disquera sur l’ensemble de la circonférence. Puis, on va le manutentionner avec une grue, pour le déposer dans un container."

Les déchets de polyester seront emmenés au centre d’enfouissement technique. "Le polyester, c’est un déchet spécial, explique Yannick Sola, de la société Théorème-Ingénierie, maître d’ouvrage délégué. Il s’agit d’une filière particulière. Il est détruit mais pas recyclé." Mais le maître d’ouvrage indique les différents tas de gravats : barres de fer, bouts de bois, gravats, laine de roche "Dans la démolition, les ouvriers trient tout : laine de roche, béton, métal Ils trient au fur et à mesure, pour que cela parte vers les bonnes destinations. On ne fait pas de déchet banal. Plusieurs bennes sont prévues, chacune pour des déchets distincts. C’est là que démarre le développement durable (voir aussi notre épinglé), en termes de démolition." Gaine de ventilation, câble électrique, tout cela est aussi récupéré. C’est dans ce but qu’a été fait appel à la société d’Antoine Barbier car toutes les entreprises ne trient pas. Le fait de pratiquer le recyclage ne débouche pas non plus sur un gain pour Walibi, indique le maître d’ouvrage. "Et d’autres prestataires nous ont demandé un coût supplémentaire pour le tri. Ici, on arrive à un juste équilibre. En France, avec cela, on arrive à gagner 20 % du coût de démolition", remarque Yannick Sola.

Pour l’instant, à l’Aqualibi, 9 personnes travaillent au chantier. Mais au plus fort de celui-ci, ils seront entre 70 et 100. De grandes étapes sont encore à venir : "On ne garde que la carcasse du bâtiment, sans sa couverture, sans sa menuiserie périphérique. On garde la structure de béton, et la charpente métallique", rappelle Yannick Sola. Une des parties importantes du chantier sera le démontage de l’ancienne charpente de la pyramide. Le batiment devra être soutenu avec des étançonnements.. Des poteaux seront utilisés pour stabiliser le bâtiment, pour ôter l’ancienne charpente avec une grue et dont les éléments seront découpés, avant de déposer la nouvelle charpente, toujours à l’aide d’une grue. Budget total : 10 millions d’euros. Le but est à la fois de moderniser Aqualibi, le rendre plus sûr, plus attractif pour les familles et moins gourmand en énergie.