Le sommeil fut plutôt agité, dans la nuit de lundi à mardi, pour les habitants de Louvain-la-Neuve. Quelques centaines d'étudiants en goguette ont en effet sillonné les rues du centre ville pour y faire la fête, provoquant les plaintes de nombreux néo-louvanistes.

«Ils ont chanté et hurlé jusqu'aux petites heures du matin, laissant des traînées de détritus sur leur passage. Cette attitude est scandaleuse», affirme le bourgmestre d'Ottignies-Louvain-la-Neuve Jean-Luc Roland (Ecolo).

Les fêtards avaient trouvé leurs lieux de guindaille habituels fermés. Les responsables des salles d'animation se sont en effet mis en grève, afin d'exprimer leur malaise face à un nouveau règlement général de police, qui devrait être voté prochainement par le conseil communal d'Ottignies-LLN. Ce règlement, actuellement en test, concerne la fermeture des débits de boissons, auxquels sont assimilées les salles d'animation. Si le principe général est la fermeture à 1 heure du matin, chaque salle peut obtenir une dérogation lui permettant d'ouvrir tous les soirs jusqu'à 3 heures.

«Nous craignons les sanctions communales en cas de dépassement de ce délai. Les amendes peuvent aller jusque 250 euros, et notre dérogation peut être retirée. Il y a une grosse tension sur les épaules des responsables des salles d'animation depuis que le test a débuté», explique Benjamin Clément, président du Groupement des Cercles de Louvain (GCL).

Lundi, le bourgmestre a rencontré les représentants du GCL ainsi que de la Fédération des régionales et promis de mettre sur pied «une instance d'audition», afin que les organisateurs des soirées puissent justifier de leurs éventuels dérapages auprès des autorités communales.

«Mais nous aimerions que cette promesse soit officiellement signée, détaille Benjamin Clément. Et il reste des points où nous n'avons pas été entendus : ainsi, si la salle doit être vide à trois heures, cela implique pour nous que la pompe et la sono devraient être coupées bien avant, vers 2 h 15».

Le mouvement de grève se poursuit donc. Et ici et là dans LLN, on voit germer des «guindailles sauvages», dans les kots et les garages.

«Avec ce chahut de lundi soir, on voit ce qui se passe si nous n'encadrons pas les étudiants, et qu'ils n'ont pas de salles pour faire la fête, affirme Benjamin Clément. Je parierais que de tels chahuts vont se répéter dans les soirs qui viennent.»

Ce mercredi, les étudiants ont également prévu une manifestation «pacifique, visuelle et non alcoolisée», à l'heure même de l'inauguration du nouveau centre commercial.

© La Libre Belgique 2005