L’AIQW déplore l’octroi du permis d’urbanisme pour l’entreprise Spéchim.

Depuis des mois, le projet de reconversion de l’ancienne entreprise Spéchim, dans le quartier du Chenois et plus précisément à la place Capouillet, déchire les passions. D’un côté, on retrouve un entrepreneur qui veut réhabiliter le site. De l’autre, des riverains mécontents. Et au milieu, la commune.

Il y a quelques semaines, cette dernière a confirmé l’octroi du permis d’urbanisme, au grand désarroi de l’AIQW, l’Association InterQuartiers de Waterloo. "Le collège communal vient d’octroyer un permis d’urbanisme au projet Spechim- Propinvest, soit 28 appartements (+ commerce/profession libérale) sur une surface totale de 2 725 m², soit une densité de 103 logements à l’hectare alors que le Chenois compte moins de 20 logements à l’hectare en moyenne", note Luc Noullet, administrateur de l’AIQW.

Et d’également déplorer le manque de place de parking, de gros problèmes de mobilité à venir ainsi qu’un gabarit qui ne s’intégrerait pas au style du quartier. "Une fois de plus, des intérêts particuliers ont gagné sur l’intérêt général des habitants du Chenois. Ce projet affectera par son style le tissu urbain caractéristique du Chenois ainsi que la gestion structurée et en bon père de famille de l’urbanisation de notre commune. Il donne le signal de la densification du Chenois par la construction d’autres buildings à appartements place Capouillet et ailleurs, à côté de maisons individuelles ou villas."

Luc Noullet conclut en regrettant cette Bruxellisation de la cité du Lion de la part de la bourgmestre, Florence Reuter. "Nous pensions que l’ère de la spéculation immobilière anarchique, vécue durant 35 ans sous l’ancien régime était terminée grâce à l’arrivée d’une nouvelle bourgmestre, continue-t-il. Nous devons malheureusement constater qu’il y a une continuité qui entraîne la surdensification de notre commune et ses inévitables conséquences que sont les problèmes de mobilité, de parking, de sécurité, de bruit, de pollution de l’air… Malgré les effets d’annonce la Bruxellisation de Waterloo continue et grignote toujours plus nos quartiers et notre cadre de vie."


"Ils auraient d'office eu leur permis en recours!"

Florence Reuter explique le choix posé par le collège communal de la cité du Lion.

Interrogée continuellement sur ce dossier, Florence Reuter, la bourgmestre waterlootoise, continue de justifier ce choix qui, selon elle, coulait de source et de bon sens. "Il faut savoir que les deux projets, Spéchim et la revitalisation urbaine de la place Capouillet, sont liés, rappelle-t-elle. Les deux projets ont été défendus auprès de la Région. Celui de la place Capouillet par la Commune et celui de Spéchim par le promoteur, et la Région wallonne a donné son accord sur tout."

À partir de là, plus de place au doute pour Florence Reuter. "Le projet Spéchim a été recalé à plusieurs reprises pour répondre aux demandes des riverains. Celles-ci ont été intégrées et aujourd’hui, on ne dispose plus d’arguments pour aller contre le projet. De toute manière, si nous nous y étions opposés, en l’état actuel, ils auraient d’office obtenu leur permis en recours."

Et la commune aurait perdu, par la même occasion, un million d’euros de subsides pour la rénovation de la place Capouillet. "Exactement. Soit on acceptait l’octroi du permis qui ne semble plus poser de problème et on recevait ce million d’euros pour la revitalisation de la place Capouillet. Soit on s’y opposait, ils allaient en recours, l’emportaient et le million d’euros de subsides nous passait sous le nez. De plus, l’argument du gabarit ne tient pas la route puisque le projet est du même gabarit. Quant au fait de dire que nous avons mis le dossier au frigo pour les élections, c’est totalement faux. Il suivait son cours à la Région tout simplement."

À présent, c’est la revitalisation de la place Capouillet qui sera au centre de toutes les discussions. "Un auteur de projet va être désigné pour pouvoir avancer et des consultations avec les riverains sont également prévues pour notamment régler ces problèmes de places de parking", conclut Florence Reuter.