Ce week-end, de nombreux promeneurs ont profité d’une ballade autour du lac gelé de Louvain-la-Neuve pour… monter dessus. Simplement pour s’y promener, patiner, ou encore jouer au hockey sur glace. Un pur moment de plaisir en ce superbe week-end hivernal ensoleillé, sauf que la situation aurait pu tourner au drame. Comme le rappelle le garde-forestier de l’UCLouvain, Thibaut Thyrion.

« Déjà rappelons que cette pratique est formellement interdite sur le lac, qui est en réalité un bassin d’orage. Ensuite, oui ça peut être effectivement très dangereux. Si beaucoup de gens le savent, malheureusement ce n’est pas encore le cas de tout le monde. »

La raison en est simple, jusqu’à preuve du contraire, la Belgique n’est pas un pays nordique. « Là-bas, les gens patinent sur les lacs ou d’autres surfaces qui ont pu geler pendant un mois ou trois semaines, au minimum. Ici, on n’a connu qu’une semaine de gel, ce qui est trop peu pour former une couche de glace de bonne qualité. Avec de la malchance, ces promeneurs auraient donc bien pu voir la glace craquer et se retrouver 10, 20, 30 ou 50 cm dans l’eau. Et avec 20 cm d’eau, par ce froid et avec une mauvaise chute par exemple, c’est malheureusement suffisant pour se noyer. Alors la vraie question c’est : « est-ce que pour 30 min de plaisir, on est d’accord de risquer une vie ? ».

En outre, ce genre de comportement porte préjudice à la faune sauvage. « Avec cette température, la faune est déjà stressée et doit trouver des alternatives pour survivre et s’alimenter. Quand des promeneurs courent, crient et jouent sur le lac par exemple, ça ne fait qu’accentuer le problème. »

Pour tenter de conscientiser les citoyens, Thibaut Thyrion effectue pourtant bien des tournées autour du lac. « Mais comme je suis tout seul et que j’ai pas mal d’autres endroits à surveiller, je ne peux pas y passer la journée. Donc le problème n’est pas évident à résoudre. Ou alors, on change de méthode. Au lieu de sensibiliser et conscientiser, on devra passer à de la répression. »