Les programmes électoraux sont à l'image des listes: ils sont encore en pleine élaboration à Ottignies. C'est donc «motus et bouche cousue» comme on dirait à la rue Hergé à Céroux... Chaque formation annonce, évidemment, sous le sceau de la confidence, que le sien sera le plus complet pour le citoyen ottinto-néolouvaniste mais pour l'heure, l'on en soulève peu le voile, question de ne pas trop dévoiler ses batteries.

Reste que l'on peut affirmer que les cinq listes qui sont déjà dans les starting-blocks mettront le paquet sur un double parachèvement urbanistique: celui de Louvain-la-Neuve, mais aussi celui du centre d'Ottignies.

LLN? Aucune formation traditionnelle ne voudra être en reste par rapport à la grande inconnue du scrutin: le score de la liste «LLN» totalement centrée sur la cité universitaire. Une «première» depuis l'érection de la ville nouvelle dans les années septante! Puisque Jacky Reginster et ses amis, les promoteurs de cette liste originale, affirment, pas tout à fait à tort mais sans doute pas tout à fait à raison non plus, que la ville nouvelle a toujours été négligée par les majorités en place à l'avenue des Combattants, le MR-IC, ICH, le PS (Démocratie nouvelle) et Ecolo ne manqueront pas de proposer des améliorations au problème -réel- des parkings mais aussi au développement parfois anarchique de certains quartiers. Il est clair que les infrastructures sociales actuelles de LLN ne sont pas loin de la saturation. En même temps, les formations politiques devraient redéfinir les liens entre la ville et l'université. L'on n'est plus à l'époque de la grande complicité entre le bourgmestre d'alors, Yves du Monceau, et l'administrateur général de l'UCL, Michel Woitrin, les deux «co-pères» de LLN... Aujourd'hui, bien des facteurs politiques (et sociétaux) interviennent ici...

Par contre, pour le parachèvement d'Ottignies, si le «coeur de ville» est en bonne voie, il faudra résoudre la quadrature du cercle du problème des... parkings, encore eux,mais ceux aux abords de la gare d'Ottignies qui sera avec celle de LLN, d'ailleurs, un carrefour prioritaire du futur RER. Il y a aussi toujours un réel problème de plans de mobilité -en suspens- et d'aménagement du centre historique au-delà de la zone commerciale. Enfin, les partis devront confirmer le rôle de «pôle culturel» du Brabant wallon. Par des projets concrets mais aussi dans la pierre. Pas question de revivre la saga de TV Com qui vivait depuis des années dans des taudis peu adaptés, c'est le moins que l'on puisse écrire, à son travail audiovisuel de qualité...

© La Libre Belgique 2006