Brabant

Gîtage en pin Douglas, cadre des façades en cèdre, bois d'Oregon pour les cloisons : la nouvelle extension de l'école communale de Walhain-Centre a misé sur le bois, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur.

Ce choix d'un matériau écologique et économique a séduit le jury du Prix de l'urbanisme et de l'architecture du Brabant wallon, qui a remis cette année sa récompense aux deux architectes du projet, Grégoire Wuillaume et Benoît Cruysmans. Le jury regroupant le député provincial Alain Trussart, le fonctionnaire délégué Christian Radelet et des architectes du Brabant wallon a salué l'originalité de la réalisation malgré les nombreuses contraintes existantes. Les deux architectes avaient pour mission d'agrandir l'école, dont la population était en croissance, mais sans utiliser de nouveaux terrains. "Et il était impossible de construire un deuxième étage sur le bâtiment existant, car celui-ci n'avait pas de fondation, explique Benoît Cruysmans. On aurait pu évidemment le détruire. Mais cela n'aurait pas été économique : il était en bon état. La solution a donc été de construire un pont."

Résultat : les nouvelles classes de bois enjambent l'ancien bâtiment et reposent à présent sur des piliers d'acier.

Le nouvel édifice "suspendu" - léger puisque construit en bois - ne touche donc l'ancien qu'en quelques points. Quant à l'ancien bâtiment, il n'est plus visible qu'au deuxième et troisième plan, dissimulé par les piliers d'aciers, les escaliers métalliques et par le nouveau préau. "Et puis si on avait démoli le bâtiment ancien, où aurait-on mis les élèves ? Ici, pendant que nous travaillions en haut, les cours continuaient en bas...", précise Grégoire Wuillaume, qui ajoute que les travaux ont pu être bouclés entre août 2005 et avril 2006.

La volonté des auteurs de projets était aussi d'intégrer l'école dans son environnement rural. "Ce bâtiment en deux étages correspondait mieux aussi à la volumétrie de la place communale de Walhain, où la plupart des bâtiments comptent un rez-de-chaussée, un étage et les combles", note Benoît Cruysmans.

Projet avalisé

Budget de cette extension scolaire : un peu plus d'un million d'euros, puisés dans les fonds propres de la commune, afin de ne pas devoir attendre les subsides du Fonds des Bâtiments scolaires.

"Nous avons pu créer de l'architecture contemporaine au coeur du village. On aurait pourtant pu penser que les pouvoirs publics auraient tendance à privilégier une architecture moins innovante, plus passéiste, affirme Grégoire Wuillaume, dont le bureau est basé à Walhain . Mais le projet a dû être avalisé par le conseil communal. L'opposition a voté pour. Et une personne qui votait toujours contre tout s'est même abstenue ce soir-là. C'était une victoire !" Le directeur de l'école, Joël Vigneron, est lui aussi ravi de ces 550 m2 supplémentaires, où 150 élèves suivent à présent les cours. "Bien sûr, l'aspect architectural, on peut l'aimer ou pas. Personnellement, le fait que le bois paraisse vieillot, alors qu'il est tout nouveau, ne me dérange pas. S'il y a un bémol, c'est peut-être l'isolation entre les classes, qui aurait pu être meilleure..."

Dépasser les norme

Pour le directeur, un des principaux avantages est la surface au sol, qui dépasse les normes habituelles. "Dans cette classe de 26 élèves, il nous reste encore de l'espace pour circuler. La luminosité est en outre généreuse, ajoute-t-il, indiquant les baies vitrées donnant à la fois sur la campagne environnante et les classes d'à-côté. Le bâtiment est aussi fonctionnel, car toutes les classes peuvent communiquer entre elles par une porte. Enfin, il y a la prédominance du bois, c'est très chaud, "cocoon" et cela améliore aussi l'acoustique."

Avec ce prix de la Province, l'architecte Grégoire Wuillaume, reçoit sa deuxième récompense pour l'école de Walhain, après le prix Charles Duyver, décerné aux anciens de l'école Saint-Luc.

Sophie Devillers