Les Brabançons sont tout de même logés à la même enseigne.

Nivelles, Waterloo, Wavre… Ces dernières semaines, plusieurs communes du Brabant wallon ont voté pour une augmentation du prix du sac-poubelle, au grand dam de leurs habitants. Des hausses qui peuvent parfois paraître infimes, comme à Wavre, où le prix du sac-poubelle passera de 1,2 à 1,5 euro. Mais qui, pour certains grands ménages, peuvent vite commencer à chiffrer.

C’est que les communes n’ont pas trop le choix : elles sont dans l’obligation légale de faire payer ce qu’on appelle le "coût-vérité" de la collecte et du traitement des déchets à leurs administrés. Un décret wallon les oblige à faire payer entre 95 % et 110 % de ce "coût-vérité". Or à Wavre, pour reprendre cet exemple, la Ville ne faisait payer que 87 % de ce que la gestion des déchets lui coûte. Avec cette augmentation, les Wavriens payeront désormais 101 % du "coût-vérité".

Pas mal de changements en 2020

Jouer sur le prix du sac-poubelle n’est pas la seule option que possèdent les communes pour pouvoir remplir ce contrat. Elles ont également le pouvoir de fixer la taxe communale sur la gestion des déchets, ce qui revient, in fine, à la même chose. Bref, tous les moyens sont bons pour que l’administration communale parvienne à faire appliquer ce coût-vérité. Une légère différence pourra se faire sentir entre les communes qui ne font payer que le minimum du coût-vérité et celles qui font contribuer au maximum.

Vous l’aurez compris, s’il y a bien des différences de prix de sacs-poubelles entre les communes de la province, les Brabançons sont tout de même logés à la même enseigne, car ils contribueront tous à la même hauteur à la gestion des immondices, via le sac ou la taxe annuelle.

Pour ce qui est de la collecte, l’in BW, l’intercommunale en charge du traitement des déchets dans la province, s’attend à pas mal de changements en 2020. De nombreuses communes vont désormais proposer des sacs distincts pour les déchets organiques, en prévision de l’application d’une directive européenne qui imposera, d’ici fin 2023, aux communes de proposer un tri des déchets organiques à leurs administrés.

Celles qui ont décidé de ne pas encore franchir le pas pour cette période-ci (les contrats se renouvellent tous les 3-4 ans avec l’in BW) se verront obligées de le faire. Elles devront ensuite se décider entre les sacs-poubelles pour déchets organiques ou les poubelles à puce.

D’autres ont décidé de se lancer dans le grand bain avec le passage aux poubelles à puce. Après Chastre, commune pionnière, ce sera au tour de Chaumont-Gistoux, Rixensart, Walhain et Beauvechain dans les premiers mois de 2020. En 2021, Perwez, Grez-Doiceau et Ramillies franchiront le pas.

Les poubelles à puce plus chères que prévu

Les poubelles à puce arrivent à grands pas à Rixensart. Comme annoncé en mai dernier, elles remplaceront les traditionnels sacs blancs dès le 1er février 2020. Mais contrairement à ce qui avait été annoncé il y a quelques mois, leur arrivée coïncide avec une augmentation de la taxe de traitement des déchets. Ce qui signifie finalement qu’à situation égale, le coût des déchets pour les ménages sera revu à la hausse. Non seulement par rapport à 2019, mais également par rapport à l’utilisation des sacs traditionnels.

Prenons l’exemple d’une personne isolée au mode de vie "standard" (150 kg ou 20 sacs/hab./an). En 2020, elle payera 85,4 € de taxes, contre 69 € en 2019. Si les sacs traditionnels continuaient d’être utilisés l’année prochaine, sa facture atteindrait 85 €. Soit une différence minime. Mais pour un ménage de quatre personnes, les écarts grimpent. En 2020, la facture "standard" du ménage passera de 210 € à 234,8 €. Et dans ce cas-ci, si les sacs traditionnels continuaient d’être utilisés, la famille n’aurait à débourser que 212 € ! Une hausse est aussi constatée pour les couples ou les ménages de trois personnes.

"Il faut comprendre que la commune ne se met aucun euro en poche, ni ne peut payer pour les déchets, c’est la loi, explique Sylvie Van Den Eynde, l’échevine de la Gestion des déchets. L’augmentation des taxes correspond à une augmentation des coûts des déchets et notamment le coût des recyparks."

Rappelons que si Rixensart a opté pour ce système, c’est aussi pour réduire la quantité de déchets de ses habitants d’au moins 30 % ! Un objectif qui, s’il est atteint, aurait un impact positif sur la facture des ménages. Et ferait diminuer d’autant les taxes.