Brabant Les agriculteurs qui ont bloqué les entrées de la RN25 espèrent que le message est passé.

Ils avaient annoncé leur action à l’avance et avaient choisi un créneau horaire en dehors des moments de pointe : hier matin, comme prévu, sept entrées sur la RN25, de Nivelles à Grez-Doiceau, ont été bloquées par les machines des agriculteurs affiliés à la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA), renforcés par certains entrepreneurs agricoles.

Solution abracadabrante

Au lieu de rassemblement de Ways, le président de la section Nivelles-Genappe de la FWA, Pierre Vromman, a une nouvelle fois pointé le caractère unilatéral de la décision prise il y a quelques jours par le ministre wallon de la Mobilité, Carlo Di Antonio. "Nous envoyer par les chemins de traverse, c’est une solution abracadabrante, qui ne ressemble à rien !"

Les agriculteurs ont trouvé une oreille attentive auprès des élus locaux dont le bourgmestre Couronné, l’échevin Benoit Huts ou la conseillère communale Écolo Anne Beghin. La députée wallonne Écolo Hélène Ryckmans ainsi que le ministre socialiste André Flahaut avaient également fait le déplacement.

Sur le barrage établi à Thines, les agriculteurs pointaient également le manque d’alternative crédible. "Si le ministre venait voir sur le terrain ce qu’il veut nous faire faire, il comprendrait rapidement", soupire Alexis Semaille, un des membres de la FWA.

En terre aclote s’ajoute aussi le problème de la Société coopérative agricole de la Meuse (Scam), qui a consenti récemment des investissements pour offrir aux agriculteurs, juste au bout de la RN25 dans le zoning Sud, de nouvelles installations notamment pour stocker le grain. Une interdiction du charroi agricole complique la donne…

"Lorsqu’il y a un accident, ce sont rarement les tracteurs qui sont en infraction, souligne encore un agriculteur. Par contre, la distraction des gens qui roulent à 120 km/h ou plus, le GSM au volant pour téléphoner ou envoyer des mails… Les voitures sont devenues de petits bureaux et ça, c’est un problème qui devient sérieux."

La FWA n'exclut pas d'autres actions

La mobilisation était tout aussi importante de l’autre côté de la N25, où l’on a bloqué les accès à Wavre et Grez-Doiceau. Au bout du chemin du Vieusart, à Wavre, s’est réunie une vingtaine d’agriculteurs dont la majorité possède des terres autour de la cité du Maca. "Du matin au soir, je suis sur cette route , insiste Henri Van Parijs, agriculteur wavrien et propriétaire de cultures dans plusieurs communes de la province. Je l’emprunte jusqu’à 20 fois par jour en pleine saison pour rejoindre ma ferme ou le dépôt de céréales. Je possède des cultures de Lasne à Jodoigne, j’ai plus de 42 km d’une culture à l’autre. Je n’ai pas le choix, je suis obligé de l’emprunter cette N25. De même que certains agriculteurs dont les terres sont entrecoupées par la nationale et dont l’accès ne peut se faire uniquement par la N25."

La présidente de la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA) était également présente au blocage de Wavre. "L’objectif aujourd’hui est de sensibiliser les automobilistes et qu’ils se rendent compte de la difficulté à certains endroits sur les routes secondaires de se croiser entre deux engins agricoles ou entre un engin agricole et une voiture" , a indiqué sur place Marianne Streel.

La FWA n’exclut pas d’autres actions, elle se penchera sur la question si le ministre Di Antonio ne plie pas face à la menace de la fédération d’aller en recours au Conseil d’État. L’ultimatum est fixé au 16 août…