Les curieux étaient accueillis par bulle et devaient passer par un premier stand, où le « docteur Mabulle », culturologue spécialisé en liens essentiels, leur délivrait une prescription pour un passage à la grande droguerie poétique, une cuillère à soupe de bons mots, un soupçon de marionnettes bios et locales, des notes en vrac pour les oreilles gourmandes…

A l’intérieur, il était même possible d’acquérir quelques sachets de bon air de salle de spectacle, purifié par une ventilation ad hoc alors que celui des bus et des centres commerciaux bondés n’est guère recommandé. Fun et malin pour dénoncer l’absurdité de certaines règles imposées au monde culturel, et demander une réouverture le plus tôt possible pour le secteur.

Mais voilà, contrairement à la Lanterne et au 38 de la rue de Bruxelles, où les activités programmées dans le cadre de Still Standing for Culture ont reçu le feu vert des autorités, l’ouverture du Monty, elle, n’avait pas fait l’objet d’une demande d’autorisation.

Après un quart d’heure, la police de Nivelles-Genappe est venue sur place pour constater l’ouverture du lieu. Les personnes qui étaient déjà à l’intérieur n’ont pas été inquiétées, pas plus que les artistes participants. Mais un procès-verbal sera dressé à l’encontre du patron du Monty, Alain Moreau, organisateur de l’événement, avec lequel les policiers se sont entretenus durant quelques minutes.

« L’autorité administrative est d’accord pour que l’activité se poursuive mais le gérant des lieux est verbalisé, confirmait à la sortie le commissaire de police et directeur de la police administrative, Antoine Pirenne. Nous verbalisons parce qu’il y a un non respect de l’arrêté ministériel sur l’ouverture d’un lieu culturel. C’est un événement revendicatif, l’attitude se veut compréhensive mais il y a un rappel à la norme. »

La verbalisation ne veut pas dire qu’il y aura automatiquement une amende: le PV dressé samedi après-midi sera transmis au parquet du Brabant wallon, qui appréciera les suites à donner. Le Monty reste ouvert cet après-midi et ceux qui y passeront pour participer à l’activité n’ont rien à redouter.