La FWA réagit aux recommandations proposées par l’administration régionale.

La Fédération wallonne de l’agriculture (FWA) est furax. Elle a reçu il y a quelques jours une ébauche de brochure de la part du SPW Mobilité et Infrastructures concernant la signalisation des véhicules agricoles, dans le but de sécuriser certains axes routiers dont la N25, et certaines recommandations ne sont pas du tout à son goût.

Le document commandé par le cabinet de la ministre de la Sécurité routière Valérie De Bue reprend des obligations légales, déjà émises dans une brochure de 2013 validée à l’époque par la FWA, mais également une série de nouvelles recommandations. L’une d’elles a fait bondir le syndicat agricole. Voilà ce qu’elle prévoit : "Pour une plus grande sécurité, lorsque le véhicule circule sur une voie divisée en quatre bandes de circulation ou plus, dont deux au moins sont réservées à chaque sens de circulation et où la vitesse maximale autorisée est de plus de 90 km/h, il est accompagné à l’arrière par un véhicule d’avertissement équipé de gyrophare."

Véhicules d’avertissement obligatoires

Autrement dit, les engins agricoles seraient désormais obligés d’être accompagnés sur la N25 par des véhicules d’avertissement, comme c’est le cas pour les véhicules exceptionnels de catégorie 2, c’est-à-dire ceux d’une longueur comprise entre 19 et 22 mètres.

Des discussions à venir

"Nous ne voyons pas très bien en quoi une voiture banalisée, même équipée de feux jaune-orange clignotants, améliorera la visibilité d’un véhicule au gabarit bien plus imposant qui la précède, poursuit la FWA dans sa réponse. Bien moins visible que l’engin qui le précède et circulant à une vitesse inhabituellement lente pour un véhicule de ce type, le véhicule d’avertissement va lui-même constituer une source de danger supplémentaire." Et au syndicat d’illustrer avec un exemple : lors de la récolte du maïs ou des pommes de terre, il n’est pas rare que les agriculteurs sollicitent 5 ou 6 ensembles tracteurs et remorques pour suivre le débit de la machine de récolte. Cela signifie qu’il faudrait alors trouver autant de véhicules d’avertissement et de chauffeurs. "Ce serait évidemment totalement impossible, sauf à sous-traiter cette mission qui deviendrait tout à fait impayable."

Au vu du contenu de cette brochure, la réponse sera envoyée "illico" à l’administration régionale, nous souffle-t-on à la FWA. Du côté du cabinet de la ministre De Bue, on indique que la brochure est une ébauche et qu’il s’agit là d’une piste parmi d’autres. "Rien n’est arrêté", affirme-t-on. Les discussions se poursuivront lors d’une réunion prévue ce mois-ci entre le cabinet de la ministre, l’administration et la FWA.