Le bourgmestre Vincent Scourneau aime à le répéter, construire une piscine n’était pas, à l’origine, un projet de la majorité brainoise. Le Neptune, géré par la Province du Brabant wallon, remplissait cette fonction. Depuis sa fermeture, tout a changé, et le collège a dû réfléchir à l’avenir.

La nouvelle piscine pourrait s’inscrire parfaitement dans le pôle "loisir et détente" prévu au lieu-dit Le Paradis. Non seulement parce que le projet s’y inscrit dans un cadre agréable et cohérent (parc de 35hectares, plan d’eau extérieur, promenades), mais aussi parce que la situation permet un accès idéal: à 2km du centre, accessible à pied ou à vélo, et à 300mètres du futur arrêt RER de Braine-Alliance.

Le lieu étant fixé, restait à savoir ce qui allait y être construit. "On a consulté de nombreux plans financiers, explique Vincent Scourneau. Les piscines tournées uniquement vers le sport accumulent des déficits énormes. Si on ajoute une dimension de loisir à une piscine sportive, on assure une meilleure survie financière."

Longueur de 51 mètres

Un groupe de travail a été créé, et le projet élaboré est impressionnant. "Ambitieux mais réaliste: on parle d’un projet qui va rayonner, qui est d’intérêt provincial, précise Vincent Scourneau. "Et adapté à la qualité de vie de Braine-l’Alleud", complète l’échevine des sports, Chantal Versmissen.

Ce "centre aquatique" consistera en une piscine olympique d’une longueur de 51 mètres. Le mètre en trop est celui qui sera occupé par un pont mobile, qui permettra de séparer le bassin à la longueur désirée. Sur 17 mètres, le fond sera également mobile, permettant de ramener la profondeur de 2mètres à 60centimètres. Un système d’accès pour les personnes à mobilité réduite est également prévu.

On ajoutera un bassin polyvalent comprenant une fosse de plongée, une rivière rapide, deux toboggans ludiques, une lagune d’eau chaude, et une zone de détente de 340 m² avec hammam, sauna et jacuzzi.

À l’étage, on trouvera non seulement une cafétéria-restaurant de 490 mètres carrés mais aussi une salle de fitness, une salle polyvalente et des gradins de 600 places. Le parking, lui, pourra recevoir 150 voitures et 5 autocars. Pour Vincent Scourneau, que la commune ait dû réaliser un projet de piscine pour remplacer le Neptune provincial, "c’est comme si les Tec nous demandaient de réparer un bus parce qu’il est tombé en panne sur le territoire de Braine-l’Alleud". La commune entend donc, une fois cette phase d’élaboration réalisée, que la Province assume son rôle. "On ne s’est pas retrouvé seul, sourit le maïeur. Non, on était accompagné de promesses. Maintenant, on va voir si elles se réalisent: on est au pied du mur, le dossier est là et on va voir si la Province veut s’investir. Sinon, il faudrait en conclure qu’elle nous lâche mais je n’y crois pas. Les Brainois paient tout de même 10millions d’euros d’impôts provinciaux, sans contrepartie depuis la fermeture du Neptune."

Dix-sept millions d’euros

La Région doit aussi jouer son rôle: en additionnant les 190000euros d’achat des terrains non encore communaux, les frais de construction (15,475millions d’euros), les aménagements, les raccordements et le mobilier intérieur, l’estimation globale frôle les 17millions d’euros. La commune se dit prête à donner 5millions.

Vincent Scourneau se dit aussi ouvert à une collaboration avec d’autres communes proches comme Lasne, Genappe ou même Braine-le-Château si elle ne se retrouvait pas dans le projet SportissimO!

Non seulement il faut prévoir les fonds pour la construction, mais aussi pour le fonctionnement. Via un partenariat avec le privé? C’est une piste. Pour le maïeur de Braine-l’Alleud, on peut aussi imaginer que la Province ne mette pas la main à la poche pour la construction et subventionne le fonctionnement: elle le faisait pour le Neptune