Brabant

Après Villers-la-Ville ou Mellemont à Perwez, la jeune province comptera bientôt un nouveau vignoble. Il s’agira cette fois d’un "vignoble de quartier" au cœur de Genval. C’est l’initiative portée par les habitants de l’avenue des Combattants, réunis au sein de l’ASBL Vins de Genval. La plantation du vignoble de plus de 600 pieds aura lieu en avril, sur une parcelle de 14 ares, dans le jardin de la Villa du Beau Site, dont la commune est propriétaire depuis 1955.

La concession domaniale pour l’occupation du terrain a été votée à l’unanimité par le conseil communal. "L’objectif n’est pas tant de produire du vin que de réunir les habitants du quartier, jeunes et moins jeunes, anciens et nouveaux, autour d’une activité festive et conviviale", précise Nicolas Vuille, de l’ASBL Vins de Genval.

Le cercle d’histoire, le centre culturel, la bibliothèque communale, l’Arche de Marie (centre de jour pour personnes handicapées mentales), Trait pour Trait (chevaux de trait) sont également partenaires. Car des chevaux de trait assureront les travaux de préparation du terrain - les premières séances ont eu lieu dimanche - et ils pourront travailler ensuite, entre les rangs de vigne, puisque le vignoble s’inscrit dans une démarche de viticulture raisonnée. Quel cépage les initiateurs du projet ont-ils choisi ? "Genval ne bénéficie pas encore du climat méridional, même si le soleil est dans le cœur de ses habitants. Quel cépage conviendrait le mieux sous nos latitudes septentrionales ? L’association a visité plusieurs vignobles en Wallonie, dont certains à proximité comme à Villers-la-Ville, pour se faire une opinion. Elle leur a soumis l’analyse du sol et une liste de quelques cépages envisagés. Des spécialistes ont été consultés. Un cépage est sorti du lot : le Solaris pour le blanc, éventuellement le Régent dans un second temps, si la production de vin rouge devient réalité."

Le cépage Solaris permettra de réaliser, d’ici cinq ans, une microproduction d’un vin blanc que les habitants espèrent fleuri et généreux. Selon les futurs vignerons, en ce qui concerne le terrain, l’orientation est parfaite, au sud-est. Et il ressort des analyses que le terrain est limoneux, avec un très bon taux de carbone organique et d’humus. "Le solaris devrait convenir très bien à la nature du sol".

Le projet est original à plus d’un titre. Non seulement, le vin sera produit par les habitants, mais en plus, le vignoble s’étendra dans le quartier.

Sur les 80 familles impliquées dans le projet, une trentaine d’habitants planteront aussi des pieds de vigne dans leur jardin ou sur leur balcon. Les vendanges promettent donc d’être conviviales.

Sans compter que le projet a séduit quelque 200 parrains pour des pieds de vigne sur la parcelle principale. Le parrainage permet de financer le projet. Chaque pied de vigne coûte 15 € pour une durée de 10 ans. Ce qui permet l’achat de la vigne, son entretien, ainsi que les futures installations pour la vinification. "Devenir parrain ou marraine, c’est apporter son nom à un pied de vigne qui produira du vin d’ici quelques années, contribuant à son entretien. Il ou elle reçoit un document attestant de son parrainage qui mentionne le numéro du pied de vigne sur lequel son nom sera mis. Le parrain ou la marraine est informé(e) régulièrement et convié(e) aux activités viticoles", précisent les initiateurs du projet.

Le vignoble sera aussi parrainé par Villers-la-Vigne qui gère le vignoble à l’abbaye. La Fondation Roi Baudouin soutient aussi l’initiative à hauteur de 5000 €, dans le cadre du programme Quartier de vie.L.Dm. et So. De