Brabant

Sur la placette encadrée par deux séries de maisons mitoyennes, une poignée d'enfants roulent à vélo, ou tapent dans un ballon. Autour de la place, pour rejoindre les portes d'entrée et traverser les talus boueux, quelques planches en bois sont encore nécessaires. Car certaines de ces six maisons ne sont pas encore terminées. Les premiers des propriétaires ont emménagé en juillet, et la sixième maison sera habitable en décembre.

Le 8 décembre, les habitants (12 adultes et 15 enfants) du Bois del Terre, rue du Blanc-Ry, à Limelette, ouvriront les portes au public. Afin de montrer l'aboutissement d'un projet débuté en 2002, lorsque quelques familles ont décidé de mettre sur pied un habitat groupé centré sur le développement durable. "L'habitat groupé s'inscrit naturellement dans la logique du développement durable. Avec la mitoyenneté, il y a déjà moins de perte d'espace, par exemple... Mais il y avait aussi une volonté de socialisation, et d'intergénérationnel. Nous ne voulions pas vieillir tous ensemble au même moment", explique Stéphane Vanden Eede, l'un des initiateurs du projet, devant la maison commune, encore en cours d'aménagement. Son épouse Sarah affirme avoir été " branchée par l'aspect écologique du projet. J'étais plutôt réticente avec l'aspect habitat groupé, parce que mes parents étaient des soixante-huitards, et que ce genre d'expérience ne réussit pas toujours ! Mais ici, ce n'est pas une communauté. Nous avons notre propre maison, notre propre jardin... ". Le couple, qui a choisi l'auto-construction, est encore en plein chantier. Dans leur future maison, traînent des matériaux de construction un peu particuliers. Pour conserver davantage la chaleur et la restituer petit à petit dans les pièces, Stéphane et Sarah recouvrent les murs intérieurs de roseau et d'argile extraite... au fond du jardin.

Comme les cinq autres habitations, leur maison comprend une ossature bois et 15 cm d'isolation dans les murs. "Nous avons utilisé des matériaux écologiques , poursuit leur voisin immédiat Jean-Benoît Verbeke, dans sa maison, où escaliers, portes ou plancher sont en bois clair. C'est le cas du plafonnage. Le bois que nous avons utilisé est un bois FSC, un label de développement durable. Et l'isolation est faite de flocon de bois." L'implantation et l'orientation des maisons ont été étudiées, et le site bénéficie du premier système de microcogénération en résidentiel de Wallonie, qui assure le chauffage, l'eau chaude sanitaire et la production d'électricité. La récupération de l'eau de pluie est également prévue.

Pour Anne-France Woestyn, une autre initiatrice du Bois del Terre, le projet est accessible à n'importe quelle famille de la classe moyenne. " Et si c'est revenu à un peu plus cher, cela reste raisonnable. Et à long terme, on y gagnera. Le fait que ce soit un habitat groupé a permis aussi de faire des économies d'échelles." Cet aspect habitat groupé est d'ailleurs fondamental pour cette mère de famille. "Ce que j'apprécie le plus, c'est la convivialité, particulièrement pour les enfants, qui ont envie d'être dehors tout le temps. Ils peuvent se retrouver sur la placette, dans leur cabane dans les bois... Ici, il y a toujours quelque chose qui se passe : un partage de gaufres sur la place, Halloween tous ensemble... Mais on fait aussi ce qu'on veut : on reste seul ou avec sa famille, si on le désire. Ici, c'est finalement comme un petit hameau à l'ancienne. Il constitue comme une couche supplémentaire entre la vie de famille et l'extérieur..."

Mais les frontières de la vie privée existent cependant. Un cadre juridique précise, en outre, les conditions de la copropriété. "Il y a des limites et elles sont très claires , ajoute Jean-Benoît Verbeke. Chaque maison a son espace privatif. Et mes enfants ne peuvent pas aller jouer n'importe où, n'importe quand !" Les contraintes sont aussi présentes, concèdent tous les habitants : "Il y a le poids que représente le groupe, qui implique parfois que l'on fait ce que l'on n'aurait pas forcément envie de faire , poursuit Jean-Benoît Verbeke. Mais le fait de vivre ensemble n'est pas un poids mais un plaisir. Il faut dire que la construction du projet a pris 4 ans. Cela a été suffisamment polémique, pour que nous ayons fait nos maladies de jeunesse..."

Portes ouvertes le 8/12 de 14 à 18 heures. webwww.boisdelterre.be