Brabant La N25 est la nationale wallonne qui compte le plus d’accidents sur 100 km.

Alors que le débat bat son plein depuis l’annonce du ministre de la Sécurité routière Carlo Di Antonio d’interdire les véhicules lents sur la N25 dès 2020, les institutions compétentes en la matière donnent du grain à moudre aux partisans d’une telle mesure. C’est que les chiffres ne mentent pas : la N25 est la nationale qui compte le plus d’accidents corporels impliquant un tracteur au kilomètre. Ainsi, pour 100 km de route, elle totalise 44 accidents entre 2007 et 2016, d’après les chiffres de l’AWSR (l’Agence wallonne pour la sécurité routière). C’est deux fois plus que la deuxième route la plus "dangereuse", la N29 (qui traverse notamment Jodoigne) et ses 19 accidents pour 100 km de route.

L’AWSR pointe le différentiel de vitesse entre les véhicules lents et les autres véhicules comme principale source d’accidents. "Cette situation particulière de la N25 est probablement due à un trafic particulièrement élevé (36 000 véhicules par jour) et en constante progression, explique l’agence dans un communiqué. Les accidents impliquant un tracteur sont en général particulièrement graves puisqu’ils sont la cause de 83 tués (tués endéans les 30 jours) par 1 000 accidents, par rapport à 18 décédés pour 1 000 accidents entre deux voitures."

Et l’agence de souligner l’incompatibilité entre les voitures et les tracteurs du fait de la configuration des engins agricoles. "Ainsi, lors d’un accident entre une voiture et un engin agricole, le risque que la voiture s’encastre sous le tracteur ou la remorque est élevé. Dans la plupart des cas, les victimes de tels accidents se comptent parmi les véhicules autres que le tracteur agricole."

Vias, l’institut belge pour la sécurité routière, s’est également réjoui de cette décision du ministre Di Antonio. "Les très fortes déclivités, la sinuosité à certains endroits et l’absence de berme centrale de cette route rendent l’organisation de contrôles radars difficile." Un abaissement de la limitation à 90 km/h n’y apparaît donc pas comme "une solution plausible". Et la cohabitation de véhicules roulant à 120 km/h avec des tracteurs représente "une très mauvaise pratique en termes de sécurité routière".