Brabant Entretien

L’Association du management de centre-ville, initiatrice du concept de Gestion centre-ville et qui a pour objectif de faire des villes des centres de vie, a examiné la vitalité des centres-villes wallons au niveau commercial. Le directeur de l’AMCV, Pierre Francis passe en revue les centres-villes à rayonnement supra-communal du Brabant wallon, ou possédant ou ayant possédé une Gestion centre-ville.

Braine est toujours à la traîne…

Braine-l’Alleud garde la même position que l’an dernier (en crise, avec 17 % de cellules vides et une densité commerciale de 57 %, NdlR). Sa position est 23e sur 28, après des villes comme Châtelet. Si l’on regarde l’évolution 2007-2011, on voit que le centre commercial a une problématique. Il y a davantage de cellule vide, et la densité commerciale baisse. C’est-à-dire que les cellules vides sont remplacées par du logement, ou des professions libérales. Mais il y a une stabilisation par rapport en 2010. Il vaut mieux que ça se stabilise plutôt que de continuer à descendre ! Une stratégie de la ville pourrait être, dans certaines rues, de favoriser les rez-de-chaussée en logement. Liège l’a fait, par exemple, où il y a eu une intervention publique forte. Reconcentrer le commerce sur certaines rues, pour redévelopper une densité suffisante, ça pourrait être une solution. Mais ça nécessite des aides à la réinstallation, par exemple. A Braine, dans certaines rues, la densité a tendance à diminuer fortement. C’est un centre de commerces qui doit retrouver une position sur la proximité, se reconcentrer, créer une atmosphère. Il y a aussi la concurrence de Waterloo

Waterloo qui, elle, progresse encore ?

En effet ! C’est le deuxième pôle le plus attractif de Wallonie. Il atteint à présent 2,4 % de cellule vide, et 89 % de densité commerciale. C’est un centre-ville qui performe très bien, qui n’a pas une concurrence forte et une offre large. Bruxelles et LLN sont plus contraignantes en termes d’accès. Il y a des locomotives en centre-ville et l’offre est quasi complète. Il y a eu aussi un aménagement de l’espace public.

LLN est toujours quant à elle le centre le plus performant de Wallonie.

Elle est à sa performance maximum, elle n’évolue plus. Le taux de cellule vide est de 2,4 %. Alors que 5 %, c’est le taux de renouvellement classique ! On sent que le pôle a répondu aux vraies attentes des consommateurs de la région. Les consommateurs du BW ne s’évadent plus vers Bruxelles. Par ailleurs, l’AMCV a fait des enquêtes en rue, et LLN attire des gens même en provenance du Namurois. Il faut être attentif au fait que dans le centre de LLN, les rez commerciaux vides ont tendance à se renouveler avec de l’Horeca. Mais l’équipement de la personne doit rester présent au centre-ville. L’enjeu, c’est comment réussir à mixer l’offre des deux pôles. Sinon les gens ne sortiront pas du centre commercial. Quant à Wavre, elle a une certaine stabilité. Entre 2007 et 2011, il y a une augmentation légère des cellules vides (2,2 %) et une perte de densité commerciale de 1,3 %. Avant l’Esplanade, Bruxelles était la seule alternative à Wavre. Mais LLN ne propose qu’un certain type d’offre. On voit que rue Charlemagne, le haut de gamme a disparu, ce n’était pas adapté. A Wavre, la mutation est en cours, il y a une volonté d’un commerce spécialisé, le travail est en cours. L’enjeu est d’offrir des surfaces assez grandes pour s’installer, et comment la ville gère le foncier, améliore l’espace public. comment on maîtrise la stratégie de développement, et l’outil.

On parle beaucoup du projet de rachat du site de la Providence pour aménager un centre commercial dans cette zone…

Pour le moment, on sait que l’on veut racheter les bâtiments. Mais la question, c’est pour combien de m2, quel type d’offre Si les deux centres de Wavre et LLN ont la même vocation, ils vont globalement s’affaiblir. Une nouvelle offre commerciale ne va pas tout régler. La chose difficile est de créer une perméabilité avec les commerces existants. Le promoteur d’un centre commercial a tout intérêt à fermer la "boîte", et à ce que les échanges avec l’extérieur ne se fassent pas. Pour que le centre commercial soit ouvert sur le centre-ville, il faut faire attention à quel commerce on met aux angles, à l’entrée, que le traitement du sol soit identique Il faut se mettre dans la position du piéton. Les pouvoirs publics doivent en être conscients de cela, et avoir cette volonté. Il faut mettre des contraintes, des balises. Ce n’est pas parce qu’on installe un centre commercial en centre-ville que ça va aller mieux. Il faut voir ce qu’on y met, comment on organise les cellules, les transitions...

Nivelles va bientôt accueillir un centre commercial, mais en périphérie…

Ça pourrait avoir une influence sur le centre, si l’attractivité du shopping est plus forte, s’il est plus agréable. Si tant est qu’il y a un effet, ça se verrait sur 3 ans. C’est prématuré de dire quel effet cela aura. Et l’effet n’est pas toujours local. Cela pourrait aussi influencer LLN ou La Louvière. En tous cas, le taux de cellules vides est de 13 %, la moyenne régionale. La densité commerciale est un peu inférieure. Entre 2007 et 2011, il y a eu une amélioration : (+ 0,4 de densité commerciale et - 3 % de cellules vides) Le centre est stable. Le passage au piétonnier, qui peut être délicat pour certains commerces, a été digéré. Il y a eu un saut qualitatif important en terme d’espace public.