Gaia porte plainte contre un bar qui a exhibé des animaux sauvages en soirée.

Un vent de polémique souffle actuellement sur le Stamp, un bar-discothèque branché situé le long de la chaussée de Bruxelles, en plein centre de Waterloo. En cause : l’utilisation d’animaux sauvages lors d’une de ses soirées.

Samedi, l’établissement célébrait son huitième anniversaire. En grande pompe : plusieurs centaines de personnes étaient conviées. Sur un thème bien précis : celui du cirque. Et pour mieux coller à la thématique et satisfaire les clients, les responsables du bar ont mis les petits plats dans les grands en faisant venir un lion en cage, un singe tenu en laisse et quelques serpents. Sauf que la détention d’animaux sauvages tels que des primates ou des fauves est pénalement répréhensible.

Depuis, le Stamp doit faire face à de nombreuses critiques. Et sa direction - que nous avons essayé de joindre en vain - a retiré les photos de l’événement avant de publier lundi des excuses sur Facebook. "Suite à l’événement, certains d’entre vous sont revenus vers nous pour nous faire part de leur désapprobation quant à la présence d’animaux sauvages dans notre établissement, peut-on lire. Nous avons pris bonne note de vos avis, en aucun cas, nous n’avons souhaité choquer quiconque en faisant appel à une agence spécialisée pour ce type de prestations."

Trop tard sans doute : le mal était fait. Les messages de désapprobation ont fleuri sur le compte Facebook du Stamp. Près de 250 commentaires - en grande majorité négatifs - ont suivi le message d’excuses. "Je trouve cela absolument scandaleux de payer pour faire venir des animaux en cage, nous a confié Alison, une cliente du bar qui se dit choquée par la chose. Tout cela pour amuser les gens, pour ramener du monde et pour garder la cote BCBG du bar… Ces animaux sont certainement traumatisés… C’est de la maltraitance !"

Un sentiment que partagent les associations de défense des animaux… dont certaines ont décidé de porter plainte contre l’établissement pour maltraitance animale. C’est le cas de Gaia qui a embrayé le pas de certains particuliers qui avaient déjà déposé plainte. "Détenir des animaux sauvages est pénalement répréhensible, confie Ann De Greef, la directrice de Gaia. L’enquête est désormais en cours. Nous avons déjà retrouvé le site de la société qui a fourni les animaux. Si elle est basée en Belgique, elle sera poursuivie pénalement. L’important est, en tout cas, de dénoncer ce genre d’événements, pour qu’ils ne se reproduisent plus à l’avenir. La place d’un animal sauvage n’est pas au milieu d’une discothèque !"

Serge Kubla scandalisé

Subissant la foule, la fumée, la lumière et les décibels, le lion avait été disposé dans une cage. Idem pour les serpents tandis que le singe était attaché à un tabouret pendant que certains clients immortalisaient leur passage à ses côtés.

"Nous sommes en colère et extrêmement attristés par cette situation, confie Michel Vandenbosch, président de Gaia. Ces animaux ne sont pas des clowns. Ce sont des individus avec des personnalités propres. L’utilisation d’animaux sauvages en captivité pour des spectacles itinérants est interdite en Belgique (NdlR : cirques y compris) . Au-delà de la plainte, notre priorité est de retrouver ces animaux, examiner la légalité de la société qui les loue, et user de tous les recours légaux pour sortir ces animaux de cette pathétique situation au plus vite."

Quant au bourgmestre Serge Kubla, il s’est dit scandalisé par les faits. "J’entends prendre toutes les mesures légales visant à sanctionner de tels débordements", a-t-il indiqué sur son compte Facebook.