Brabant

Le restaurant mexicain Ancho a reçu un courrier d’insultes qui fait le tour du web.

Le corbeau pro-francophone a encore frappé  ! Voilà plusieurs mois qu’il ne s’était plus manifesté dans la province du Brabant wallon et le voici de retour. Celui-ci a pour habitude d’adresser des courriers incendiaires aux commerces et Horeca qui oseraient user d’une autre langue que le français au sein de leur établissement. Il y a quelques mois, il avait ainsi visé la boulangerie Gossiaux à Genappe car celle-ci remet des tickets de caisse sur lesquels se trouve… une traduction en néerlandais.

Le dernier établissement visé par l’une de ses frasques est situé dans le centre-ville de Waterloo  : il s’agit d’Ancho, un restaurant mexicain, ouvert il y a trois ans. Extraits choisis  : “ Dans votre bui-bui, tout est en anglais. C’est scandaleux. Waterloo est une commune située en Wallonie où la seule langue officielle, légale et usuelle est le français. Trouvez-vous normal de ne pas utiliser la langue des gens locaux, la langue de tout le peuple, la langue de la région  ? Vous crachez sur la langue officielle. Il y a beaucoup de pays, ou de régions, où l’on vous casserait toutes vos vitres.

© D.R.

Une photo de la lettre a été envoyée par les propriétaires du restaurant à une amie qui s’est empressée de la publier sur les réseaux sociaux. La publication s’est répandue comme une traînée de poudre et les commentaires des internautes, tantôt amusés, tantôt choqués, ont fusé. “Mais tous ont pris notre défense, commentent Victor Delfosse, fondateur du resto avec Quentin Volmering. Il y a une chouette vague de soutien sur les réseaux sociaux. Les gens le prennent à cœur et se révoltent. C’est bon signe. J’ai regardé tous les commentaires et aucun ne va dans le sens de la lettre.

La réaction des deux jeunes hommes lorsqu’ils ont découvert la lettre  ? “On a d’abord beaucoup rigolé car on a trouvé ça ridicule. On sent un climat qui refait surface. La meilleure manière de le prendre, c’est l’humour. Il ne faut pas donner du crédit à ce genre de choses. C’est d’un autre temps, on se croirait dans les années 14-18.”

Les restaurateurs restent toutefois perplexes  ? L’auteur est-il vraiment entré dans l’établissement  ? “Tous les menus sont en anglais et en français. Seul le panneau à l’entrée est en anglais. Quelques mots d’anglais se sont glissés dans le menu mais ce sont des mots qui ont leur place. Par exemple “starters” ne peut pas être tout à fait traduit par “entrée” car c’est un petit mix. De toute façon les ingrédients et les explications sont en français”, conclut Victor.