Brabant

Dimanche a eu lieu à Wavre la traditionnelle présentation des vœux de l’évêque du Brabant wallon, Mgr Jean-Luc Hudsyn. Un exercice qui avait plus que jamais sa raison d’être alors qu’à Paris et à Bruxelles et un peu partout sur la planète, des millions de citoyens marquaient leur soutien aux victimes des attentats terroristes…

Mgr Hudsyn a, bien évidemment, axé une bonne partie de son exposé sur les événements tragiques non sans avoir remarqué que 2014 avait été "une année saturée de violence : à Gaza, en Syrie, en Irak, en Centrafrique, en Ukraine… Avec son funèbre cortège de massacres, de personnes déplacées, de prises et d’exécutions d’otages. A une tout autre échelle, la fin de l’année a connu chez nous de fortes tensions politiques puis sociales qui heureusement se sont quelque peu apaisées. Nous pouvions donc espérer pouvoir nous souhaiter - et souhaiter au monde - un peu plus de sérénité et de paix. Mais les événements dramatiques de ces derniers jours, et cette fois, près de chez nous, ont remis tous les clignotants au rouge."

Un tournant tellement nécessaire

Pour l’évêque du Brabant wallon, "c’est peut-être un tournant qui est en train de se vivre entre nous et l’islam modéré dans nos pays au vu des très nombreuses déclarations conjointes de responsables religieux c hrétiens, juifs et musulmans qui se sont faites ces derniers jours à Rome, en France et en Belgique. L’Europe est sans doute visée. Mais puisque nous revendiquons qu’on reconnaisse davantage les racines chrétiennes de l’Europe, alors réagissons en cohérence avec ces racines chrétiennes qui sont nôtres."

Radicalité évangélique

Et de, souligner qu’"il y a dans nos gènes chrétiens cet appel du Christ à être comme lui et avec lui des artisans de paix. Cela fait partie intrinsèque de notre identité et de la radicalité évangélique. C’est donc cela que je voudrais nous souhaiter. D’ouvrir à temps et à contretemps des chemins de paix. Avec les armes évangéliques de la paix : l’écoute attentive de l’autre; le dialogue persévérant; la non-violence; la concertation et la négociation au plan social et politique; le courage du premier pas; le souci de la justice sans laquelle il n’y a pas de paix durable; mais aussi le souci de mieux connaître l’autre, sans céder aux simplismes faciles et confortables". Pour l’évêque, c’est l’affaire de tous. Ce "chemin d’humanité" doit "s’inventer au quotidien" dans tous les cadres de vie mais aussi "dans nos communautés chrétiennes et dans tout ce qui peut favoriser le dialogue œcuménique, interreligieux et interconvictionnel" .