Stalingrad n'est plus ce qu'elle était

A.G. (St.)

Rien de prime abord ne relie un thé à la menthe, un porte-voix et Rosa Luxembourg... Et pourtant, depuis hier, l'artère qui relie la gare du Midi à la place Rouppe en pourrait être le dénominateur commun.

Nouvellement inaugurée, l'allée Rosa Luxembourg jouxte désormais l'avenue de Stalingrad et lui donne un nouveau souffle, laquelle a subi des travaux de réhabilitation salutaires. Cela faisait un moment que les abords de la place Rouppe avaient besoin d'être aménagés pour le bien-être des habitants et pour assurer de meilleures conditions de mobilité. C'est chose faite et les riverains, tant les commerçants que les habitants, semblent satisfaits du résultat.

Un axe important

L'avenue de Stalingrad est un axe important : non seulement relais entre le coeur de la ville et ce lieu de transit qu'est la gare du Midi, mais également artère bruxelloise qui draine depuis toujours une forte population immigrée. De l'immigration, il en a d'ailleurs été beaucoup question lors de cette inauguration qui a voulu en définitive revêtir de nombreux thèmes, au-delà de préoccupations purement urbanistiques, puisque le Comité des arts urbains de la Ville de Bruxelles a fait appel à Emilio Lpez-Menchero. Espagnol élevé en Belgique, cet artiste est bien placé pour rendre hommage à cette multiculturalité qui caractérise Bruxelles: "Toutes les personnes, les communautés ont besoin de communiquer entre elles. Le lieu s'y prête et la parole en est le véhicule essentiel: donner la parole, la porter". D'où la Pasionaria, sculpture imposante d'un porte-voix dirigé vers la gare du Midi. Le porte-voix symbolise «un monde où le citoyen aurait droit à la parole», aux dires de l'artiste, mais rappelle aussi les 40 ans de l'immigration marocaine en Belgique. Très importante au sein du quartier, cette communauté s'est montrée ravie de cette initiative que certains n'hésitent pas à considérer comme "une reconnaissance de la ville à son égard". Au-delà de l'enjeu symbolique qu'est la nouvelle avenue de Stalingrad, le premier échevin Henri Simons mise, via ce réaménagement, sur un renforcement de la convivialité du quartier - à défaut de la sécurité - surtout quand les commerçants du coin offrent le thé pour marquer le coup.

© La Libre Belgique 2006