Les étudiants grèvistes bloquent l'ULB

Des étudiants bloquaient les accès de l'ULB ce matin. Ils voulaient faire prendre conscience à leurs camarades et leurs professeurs des dangers des futures mesures entreprises par le Conseil d'administration. Ce mouvement fait suite aux actions déjà entreprises trois semaines durant. Les étudiants grêvistes refusent toujours que le Conseil d'Administration se réunissent pour débattre.

F. An. (St.)
Les étudiants grèvistes bloquent l'ULB
©Fabien Ansaldi (St.)

Pour rappel, les étudiants grèvistes sont opposés à la vente d'une partie des terrains de la Plaine, à la privatisation d'une partie des logements et à l'instauration d'une carte multifonction. « Je suis choqué de la violence de certains étudiants qui veulent passer à tout prix les barricades », confie Martin, l'un des piliers de la grève. « Nos camarades ne comprennent pas que ces actions les concernent directement », continue Martin. « Le recteur de l'ULB considère vraiment ses étudiants comme de la marchandise. On ne gère pas une université comme une entreprise. »

La gestion « capitaliste », selon les grèvistes, de la part des autorités de l'ULB est donc contestée. Le groupe de grèvistes craint que la carte multi-fontion ne porte atteinte à la vie privée. Ils contestent aussi le fait que l'université ne vende certains terrains alors que le site universitaire manque parfois de locaux pour les cours. Enfin, la privatisation de kots universitaires fait aussi grincer des dents car, toujours selon les étudiants grèvistes, une société privée ne gère que très peu souvent de manière sociale.

« Ces revendications sont sans fondement puisque nous comptons confier la gestion des bâtiments à une SICAFI (Société d'investissement à capital fixe immobilière), cela veut dire que nous garderions la mainmise sur le prix de la location de ces kots et surtout, ce sera toujours à l'ULB de déterminer qui peut bénéficier de ces logements », argumente Isabelle Pollet, responsable de la communication au sein de l'ULB. Pour les deux autres mesures, les autorités de l'ULB sont aussi en désaccord avec les revendications des grèvistes. « Nous avons une commission sur l'éthique et une commission sur la vie privée, la carte multi-fonction reprendra beaucoup de données, mais, tout cela sera contrôlé, on ne pourra pas avoir accès facilement au dossier médical de l'étudiant ou à son parcours universitaire par exemple », continue Isabelle Pollet. « Pour finir, il faut savoir que le financement de la Communauté française n'est que de 18 millions, alors que nous aurions besoin de près de 100 millions pour rénover entièrement les locaux délabrés sur l'ensemble du campus. »

Le problème semble donc loin d'être réglé. Chacun semble camper sur ses positions, les étudiants grèvistes ont déjà annoncé que des mouvements pareils continueront jusqu'à ce qu'ils se fassent entendre. La Conseil d'administration, quant à lui, déplore qu'il ne puisse se réunir pour débattre sérieusement et dans le calme de ces mesures.

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