La Stib rentre dans l'ère Mobib

Dans les boîtes à projets de la Stib depuis 2000, la carte Mobib s'apprête enfin à voir le jour...

Raphaël Meulders

Dans les boîtes à projets de la Stib depuis 2000, la carte Mobib s'apprête enfin à voir le jour... "Ce projet est à l'image du système institutionnel belge : dans ce pays il est très compliqué de monter une idée qui rassemble tout le monde" , regrette Alain Flausch, directeur général de la Stib.

Car avant de donner le feu vert à cette nouvelle billétique bruxelloise, les responsables de la Stib voulaient être sûrs que les autres opérateurs du royaume les suivent dans leur système. Pas évident... La situation a toutefois été débloquée le 30 mai 2006, suite à un accord conclu entre les trois ministres régionaux de la Mobilité et le secrétaire d'Etat aux Entreprises publiques : l'objectif étant d'informatiser et de regrouper sur une carte le système de billétique de tous les opérateurs de transport public. "Ce qui devrait éviter la situation actuelle qui veut que pour se déplacer d'Ostende ou d'Arlon vers Bruxelles, il faille acheter un ticket de bus De Lijn ou des Tec pour se rendre à la gare, acheter un ticket de train pour arriver à Bruxelles et ensuite acheter un ticket Stib pour voyager dans la capitale", explique Pascal Smet (SP.A.), ministre bruxellois de la Mobilité.

Un parcours du combattant qui devrait voir sa fin en 2010 (ou 2011, voire 2012 ?) grâce au système national Ubigo, permettant au voyageur de circuler avec un seul ticket à travers la Belgique. Les autres opérateurs "se greffant" sur le nouveau système mis en place par la Stib. "Cette date dépend toutefois de l'avancée que feront les trois autres opérateurs (SNCB, De Lijn, Tec)", avance Alain Flausch. "Le standard européen Calypso que nous utilisons est déjà compatible avec près de 80 villes dans le monde. Il permet de respecter l'autonomie commerciale et la gestion interne de chacun opérateur", insiste le directeur général de la Stib..

Pionnière en Belgique, la Stib a donc dévoilé fièrement sa nouvelle carte Mobib, dotée d'un système à puce. "Que ce soit via les cartes de banque ou les cartes d'identité, nous sommes dans un monde 'à carte à puce'", reprend Alain Flausch. "La Stib se devait de rester en phase avec l'évolution de la société."

Concrètement, cette nouvelle carte, qui sera nominative, aura une vie minimale de cinq ans. Basée sur une technologie "sans contact", elle permettra de valider son transport par un simple passage devant un appareil. Mais sa grande innovation reste le large panel d'utilisations proposées aux usagers : charger différents titres de transports ou déterminer soi-même son type d'abonnement et sa durée, notamment. Le tout via les points de vente automatiques "Go", déjà en place. Sans oublier des tarifs avantageux que promet la Stib pour lancer le système...

Paiement dans le Thalys

La société de transports a prévu d'autres utilisations pour cette carte : paiement pour le système de partage de voitures Cambio, pour le Thalys, les locations de vélo, les parkings de dissuasion ou l'entrée dans 25 musées bruxellois.

Dans une phase ultérieure, Mobib deviendra un véritable portefeuille de transport électronique, comme cela se fait déjà en Angleterre. Les clients auront la possibilité de verser une certaine somme d'argent sur leur carte, selon le même mode de fonctionnement que la carte Proton. Il suffira alors de maintenir la carte devant un "valideur" pour que le montant correspondant à un titre de transport soit déduit. Autre nouveau réflexe à acquérir pour les usagers bruxellois : il faudra dorénavant valider sa carte à chaque montée dans un véhicule "stibien".

Une règle valable aussi pour les abonnés. "Cela nous permettra d'analyser plus précisément les flux des voyageurs", explique Françoise Guillaume, directrice commerciale de la Stib. "Nous pourrons ainsi visualiser à quel endroit du réseau et à quel moment de la journée, il est nécessaire d'ajouter des véhicules, quelles sont les lignes les plus utilisées, etc." L'objectif est également de mieux connaître chaque client et de développer un marketing "segmenté".

Pour éviter un "big bang", la Stib a décidé d'effectuer cette petite révolution (d'un coût total de 23 millions d'euros) de manière progressive. Ce seront d'abord les plus de 65 ans qui bénéficieront de la carte Mobib (en juin), avant les abonnés et les tickets combinés dès septembre 2008. Le lancement du ticket rechargeable sera lui effectif dès février 2009. En attendant que le système Ubigo national se mette en place, la Stib sera "contrainte" de faire cohabiter le système magnétique actuel avec le système Mobib durant deux, voire trois ans. "Une cohabitation coûteuse mais inévitable", regrette Alain Flausch, pressé que ses "collègues" le rejoignent dans cette nouvelle "communauté billétique"...

Infos : Web www.mobib.be