Bruxelles, une ville internationale

Les Etats généraux de Bruxelles entament leur dernière ligne droite avec la parution ce mardi sur le site de la revue en ligne Brussels Studies (1) des deux avant-dernières études consacrées à : 1° l’internationalisation de Bruxelles et 2° aux institutions bruxelloises.

Bruxelles, une ville internationale
©Kevin Timmermans
Stéphanie Bocart

Les Etats généraux de Bruxelles entament leur dernière ligne droite avec la parution ce mardi sur le site de la revue en ligne Brussels Studies (1) des deux avant-dernières études consacrées à : 1° l’internationalisation de Bruxelles et 2° aux institutions bruxelloises (lire ci-dessous).

L’étude "Bruxelles, ville internationale" (2) a été rédigée par quatre universitaires : Eric Corijn (VUB), Christian Vandermotten (ULB), Jean-Michel Decroly (ULB) et Erik Swyngedouw (Université de Manchester).

Premier constat : Bruxelles est une ville très connectée, implantée au cœur de l’Europe. En cause ? La présence des institutions européennes et d’autres institutions internationales telles que l’Otan. Celles-ci sont porteuses d’emplois. Ainsi, les institutions européennes occupent à Bruxelles entre 38 000 et 41 000 personnes (Commission, Parlement, Conseil des ministres, Conseil des Régions, etc.); l’Otan 4 000, sans compter les activités connexes (15 000 à 20 000 lobbyistes, 1 400 journalistes/presse, 300 représentations régionales, 5 322 diplomates, 2 500 autres agences internationales, plus de 200 firmes internationales, 150 bureaux internationaux d’avocats...). Au total, "la présence des institutions européennes et internationales à Bruxelles et leurs effets induits et multiplicateurs génèrent de 13 à 14 pc de l’emploi et du PIB bruxellois", résument les quatre chercheurs. En outre, ces institutions occupent 30 pc de l’espace bureaux avec une projection de plus de 700 000 m2. Quant au logement, 70 pc des personnes employées dans ces secteurs vivent à Bruxelles.

Autre caractéristique, sur les 1 048 491 Bruxellois dénombrés en 2008, 295 043 (28,14 pc) n’avaient pas la nationalité belge. Enfin, Bruxelles se démarque de plus en plus comme un réservoir international des arts (arts plastiques, danse contemporaine, mode...) ainsi qu’un pôle de recherche scientifique et d’innovation (deux universités complètes, cinq Hautes Ecoles, hôpitaux universitaires, etc.).

Néanmoins, relèvent les auteurs, "si la mission internationale de Bruxelles semble un fait acquis, elle n’est pas pour autant intégrée au débat sur le caractère durable de la ville . Les visions et projets restent en cette matière trop fragmentaires pour participer à l’élaboration d’un projet de ville ou soutenir le développement d’une coalition au service du développement urbain" .

Dès lors, que préconisent-ils ? Renforcer l’attractivité touristique de la capitale. De fait, le tourisme de loisirs et le secteur MICE (meetings, incentives, conferences, events) est un vecteur important de l’internationalisation de Bruxelles : depuis 1995, la fréquentation touristique a augmenté de 3,5 à 5,1 millions de nuitées par an, soit une hausse de près de 50 pc.

Autre piste à exploiter : le Plan de développement international (PDI), visant à "booster" le rayonnement international de Bruxelles au travers, notamment, de dix zones stratégiques identifiées. Pour les quatre universitaires, il s’agit "plutôt d’un document d’intentions et de programmes, de mise en cohérence d’un ensemble de projets entre eux, non encore concrétisés et pouvant encore être amendés" . Ils énoncent trois critiques : 1° le manque de cohérence et de qualité du plan; 2° le manque d’intégration des dix zones choisies avec une vision intégrale de développement urbain; et 3° la trop grande liberté laissée au secteur privé et le risque subséquent d’abandonner le développement international aux seuls promoteurs immobiliers.

Les quatre auteurs prônent également la piste du Business Route 2018 for Metropolitan Brussels (BRM) initié par la FEB, le Voka, l’UWE et Beci.

Enfin, ils plaident pour "un projet global de ville qui rende compte des dynamiques de la mondialisation et de l’internationalisation de la ville et, surtout, qui envisage une meilleure insertion des Bruxellois étrangers ou d’origine étrangère" .

(1) Web www.brusselsstudies.be

(2) Ce thème sera débattu le 2 mars à 19h45 à Flagey, place Sainte-Croix à 1050 Bruxelles.