La créativité bruxelloise en ébullition

Avec plus de 300 000 visiteurs du monde entier, 4 100 exposants originaires de près de 70 pays et 500000 m2 d’exposition, le Cebit (acronyme allemand de "Centrum der Büro- und Informationstechnik") de Hanovre (Allemagne) est le salon des technologies de l’information et de la communication (TIC) le plus important au monde.

Stéphanie Bocart
La créativité bruxelloise en ébullition
©D.R.

A Hanovre

Avec plus de 300 000 visiteurs du monde entier, 4 100 exposants originaires de près de 70 pays et 500000 m2 d’exposition, le Cebit (acronyme allemand de "Centrum der Büro- und Informationstechnik") de Hanovre (Allemagne) est le salon des technologies de l’information et de la communication (TIC) le plus important au monde. Pendant cinq jours, du 2 au 6 mars, les professionnels du secteur des TIC présentent produits et services, discutent, partagent, échangent, concluent des partenariats, etc. Cette année, le salon est organisé sur le thème "Connected worlds" et concerne plus particulièrement les domaines du business IT, du green IT, de la télésanté, de la sécurité, du banking&finance, etc.

Ce matin, sous un ciel aux nuages anthracite, un vent froid vient piquer le visage des visiteurs qui affluent vers les portes d’entrée des différents halls de la foire. Musique, PC à profusion, démonstrations, animations, distributions de dépliants, la foire bat son plein.

Au fond du hall 6, le stand "Software in Brussels" regroupe treize PME bruxelloises actives dans le secteur des logiciels. "Lorsque j’ai pris en charge le Commerce extérieur, j’ai dit que je mettrai moi-même mes mains dans le cambouis et que j’accompagnerai nos entreprises dans un certain nombre de missions à l’étranger. Je l’ai déjà fait, je le fais et je continuerai à le faire", déclare le ministre Benoît Cerexhe (CDH), venu rencontrer les entrepreneurs bruxellois présents au Cebit. Plus particulièrement, "je veux vraiment travailler sur le branding de Bruxelles dans le domaine des TIC", assure-t-il. C’est que les PME bouillonnent de créativité dans ce domaine à Bruxelles. "Le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication représente 30 000 emplois à Bruxelles, soit 8,5 % de l’emploi privé, et 35 % des entreprises actives dans ce secteur sont présentes à Bruxelles. Cela démontre bien le potentiel de notre région. Je veux donc continuer à développer ce secteur pour positionner Bruxelles sur la carte européenne en matière de TIC", défend l’élu.

"A Bruxelles, les principaux secteurs d’exportation sont les TIC, la mode et le design, et les films. Si l’on ne tient compte que des biens, les exportations bruxelloises représentent 3 à 4 %, mais si l’on inclut les services, on atteint 20 % car l’économie bruxelloise est avant tout une économie de services", souligne Bart Vandeputte, attaché économique et commercial de Bruxelles-Export à Cologne. "Il n’est pas possible pour une entreprise active dans le domaine du software de survivre en Belgique. Près de 60 % de ces sociétés font en effet plus de la moitié de leur chiffre d’affaires à l’international", complète Serge Kalitventzeff, responsable du pôle des nouvelles technologies de l’information et de la communication au sein de l’Agence bruxelloise pour l’entreprise (ABE), qui compte 73 PME dans son cluster "software".

D’où l’importance pour ces sociétés de pouvoir se développer à l’international, notamment en participant à des salons et foires au rayonnement européen et/ou mondial comme le Cebit. Alors qu’il leur en coûterait quelque 10000 € pour prendre part à un tel événement, 13 des 73 PME bruxelloises du cluster "software" ont pu, pour un forfait de 500 €, répondre présentes au Cebit grâce au soutien de la Région, via l’ABE et Bruxelles-Export.

"Participer au Cebit nous permet de présenter et d’expliquer notre produit, mais aussi de créer des échanges avec les autres participants de la délégation", se réjouit Nicolas van Ysendyck, directeur commercial de la PME Mobylla, active dans les solutions mobiles pour entreprise. Jeune société spécialisée dans la relation client, Nixxis fait, elle, de sa présence au Cebit une opportunité pour "travailler sur l’image". "Le Cebit est pour nous un véhicule de marketing. Cela nous permet de positionner notre société avec un produit innovant", indique son CEO Marc Temmerman. Mais cette foire est aussi l’occasion de formaliser des partenariats. "Nous avons signé avec l’Arabie Saoudite et le Koweit", se félicite Cédric Pierrard, CEO de la PME Efficy, spécialisée dans le Customer relation management (CRM).

Créer des rencontres en vue d’éventuels partenariats intra-européens, telle est aussi la mission de l’ABE au sein du réseau "Enterprise Europe Network" (EEN). "Grâce au courtage technologique "Future Match" sont organisés au Cebit des "speed-dating" d’une demi-heure entre les entreprises bruxelloises et les entreprises étrangères. Une soixantaine de rendez-vous ont été fixés pour nos entreprises", explique Mustafeen Nayani, conseiller en partenariats technologiques européens à l’ABE. "Nous sommes 4 000 collègues actifs dans 40 à 45 pays européens du réseau. Si chacun d’entre nous a dix entreprises à présenter, cela fait 40 000 entreprises susceptibles de se rencontrer et, partant, de développer leur business à l’international."