Pour une meilleure coordination

Des députés FDF plaident pour la création d’une “Agence francophone de la personne handicapée”. Le GAMP tiendra son 42e “sit in” vendredi.

Stéphanie Bocart
Pour une meilleure coordination
©Christophe Bortels

La situation n’est pas neuve, a déjà été dénoncée à maintes reprises, mais demeure toujours aussi inacceptable : il manque encore entre 150 et 200 places d’accueil à Bruxelles pour les personnes handicapées de grande dépendance. "Cette situation est inadmissible !", fustige la députée Caroline Persoons (FDF). "C’est un secteur où il devrait y avoir des obligations de résultats pour les pouvoirs publics. Les familles sont totalement dépourvues et dépendantes. Certains parents ont tellement peur qu’il n’y ait pas de solution qu’ils espèrent que leur enfant décédera avant eux. Cela donne la chair de poule !", s’exclame-t-elle.

Pourtant, en mars dernier, la ministre en charge de l’Aide aux personnes à la Commission communautaire française Evelyne Huytebroeck (Ecolo) annonçait la création d’"un total de 213 places au cours des cinq à six années futures". Mais pour Caroline Persoons, "au fil du temps, ce sont les mêmes chiffres qui ressortent et quand on les décortique, on se rend compte qu’on les double car on les compte deux fois, en centre de jour et en centre d’hébergement". "Il y a donc de fausses annonces. Ce n’est pas juste car on crée de l’espoir et puis cela ne se réalise pas", dénonce-t-elle. Et d’avancer une note du Gamp (Groupe d’action qui dénonce le manque de places pour personnes handicapées de grande dépendance) de mars 2010 selon laquelle ont été créées 20 places de jour et/ou de nuit depuis 2007. "Le constat est dramatique : la Cocof ne sait pas s’activer et mettre en route des politiques, avec des partenariats privés, des associations pour créer ces places rapidement. C’est inadmissible dans la responsabilité politique", soutient la députée.

Certes la Cocof est financièrement exsangue, mais "on ne peut pas dire qu’il n’y a pas de budget alloué à la politique des personnes handicapées", affirme Mme Persoons. "Depuis 2002, les montants affectés à ce secteur ont été augmentés de 57 % alors que le budget global de la Cocof a augmenté de 37 % et celui de l’Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées (Awhip) de 50 %", indique-t-elle. Pour l’année 2011, le budget dédié à la politique de l’aide aux personnes handicapées s’élève ainsi à 125 millions d’euros, soit un tiers du budget global de la Cocof. "Il y a des moyens mais c’est aussi une question d’efficacité politique", lance l’élue FDF, pour qui "on peut faire d’autres choix "

Comme... la création d’une "Agence francophone de la personne en situation de handicap". Une proposition de résolution allant dans ce sens a été déposée par plusieurs parlementaires FDF à la Cocof, la Communauté française et la Région wallonne. Elle sera notamment prise en considération vendredi, lors de la séance plénière du parlement francophone bruxellois, où sera débattu le budget 2011. L’occasion également pour le Gamp de rappeler ses revendications et de tenir son 42e sit in.

Pourquoi un tel organe ? Lors des Accords de la St-Quentin (1993), la politique des handicapés a été attribuée à la Cocof et à la Région wallonne. "Normalement devait être mis en place un Comité francophone de coordination des politiques sociale et de santé, lieu de dialogue entre entités compétentes", rappelle Mme Persoons. Or, "ce groupe n’a toujours pas vu le jour".

La Région wallonne a donc créé l’Awhip et la Cocof, le service Phare (pour Personne handicapée autonomie retrouvée). Mais les personnes handicapées, leur famille et leurs proches se retrouvent très souvent confrontés à entreprendre de multiples démarches auprès des différentes administrations. "La création de cette agence vise donc à simplifier les démarches des personnes en situation de handicap, à les orienter au mieux et à coordonner les différents acteurs du secteur", explique Caroline Persoons qui précise qu’une telle structure existe déjà en Flandre et en communauté germanophone. Et de souligner que des rationalisations ont déjà été réalisées dans d’autres compétences comme la politique internationale, avec la création du WBI (Wallonie-Bruxelles International)...