Les frites St-Josse sont de retour

La relève est assurée pour la gestion de la friterie de la place Saint-Josse. Elle vient d’être reprise par Zoila Palma Altamirano, une Equatorienne de 37 ans.

Les frites St-Josse sont de retour
©D.R.

La relève est assurée pour la gestion de la friterie de la place Saint-Josse. Elle vient d’être reprise par Zoila Palma Altamirano, une Equatorienne de 37 ans.

Cela faisait plus d’un an que les riverains de la place Saint-Josse attendaient le retour de leur friterie. En effet, l’établissement, ouvert depuis 1930, s’était retrouvé sans direction lorsque le précédent gérant prit sa pension après 48 ans dans sa friterie, en décembre 2009.

Un nouveau départ pour la friterie, mais aussi pour Zoila. "Je passais sur la place tous les jours en allant travailler. Et j’ai vu l’affiche qui invitait à reprendre le commerce. Ça faisait plusieurs années que je voulais devenir indépendante, alors je me suis lancée. Et comme une friterie, ce n’est pas rien à gérer, j’ai dû reprendre à zéro, en suivant des cours de gestion Horeca à Tournai". Zoila a donc postulé à l’appel d’offre lancé par la commune de Saint-Josse, et l’a remporté.

Car même si la structure de sa friterie est la propriété de Zoila, elle est aussi située sur l’espace public. C’est d’ailleurs la commune qui souhaitait le retour d’un "fritkot" sur sa place, comme l’explique Eric Jassin (CDH), échevin des classes moyennes et du tourisme : "Les frites font partie de notre patrimoine gastronomique, culturel et touristique. Et on constate que cette partie du paysage bruxellois disparaît peu à peu. C’est donc la commune qui a demandé la reprise d’une "baraque à frites" sur la place. Nous avions défini un cahier de charges très précis concernant, entre autres, le type d’huile et de pommes de terre à utiliser, ou les accompagnements. Il s’agissait ici d’avoir un vrai "fritkot" à la bruxelloise !"

Il faut dire que l’ex-friterie Martin, plus qu’un patrimoine bruxellois, était un vrai bout de l’histoire de Saint-Josse. Depuis son ouverture, il y a 81 ans, elle s’était taillée une réputation de qualité qui s’était étendue jusqu’à l’extérieur de la ville.

C’est donc maintenant à Zoila que revient la tâche de faire vivre ce lieu historique. Et elle compte bien lui faire regagner sa réputation de friterie "bien belge". En effet, malgré ses origines équatoriennes pas question pour elle d’élargir la carte aux spécialités de son pays d’origine. "Je suis ici en Belgique, dans une friterie belge. J’ai donc envie de m’intégrer, de rentrer dans la culture belge". Une culture qu’elle semble adorer. "J’aime beaucoup travailler dans une friterie. Je discute avec les gens, et je découvre la culture belge. C’est en sympathisant avec les clients, en apprenant à les connaître, que je vais aussi connaître le pays !"

Et effectivement, une friterie semble être un endroit tout indiqué pour ça.DC (st.)