Pour une capitale plus bleue et perméable

D’où vient l’eau ? De votre robinet ? Mais encore ? Où va-t-elle ? Et où peut-on encore constater sa présence dans les espaces de la capitale ?

Pour une capitale plus bleue et perméable
©Jean-Luc Flémal
Alice Dive (st.)

D’où vient l’eau ? De votre robinet ? Mais encore ? Où va-t-elle ? Et où peut-on encore constater sa présence dans les espaces de la capitale ?

C’est en substance la réflexion qui était proposée jeudi matin au cinéma Nova de Bruxelles. A l’occasion du lancement officiel des Etats généraux de l’eau de Bruxelles (EGEB), la question de la place de "l’or bleu" dans la vie des citoyens de la ville était abordée.

Les EGEB dénoncent en fait un manque de visibilité de l’eau à Bruxelles et une appropriation de cette ressource naturelle par quelques magnats économiques et financiers. Pour eux, il est temps de " replacer l’eau dans la ville et de trouver des alternatives à sa gestion actuelle".

Concrètement, les EGEB se présentent comme un mouvement "militant" momentané et de recherche. En tant qu’initiative citoyenne, cette œuvre collective et participative aborde la problématique de l’eau à Bruxelles sous différents aspects, notamment humains, architecturaux et urbanistiques. Elle propose enfin une réflexion plus globale sur la gestion de l’eau en tant que matière non-marchande et que bien commun.

Ce projet est porté par un comité de pilotage composé de particuliers mais aussi de nombreuses associations et organisations dont la plate-forme Eau Water Zone qui, avec son concept "Maelbeek mon amour", constitue la première initiative de ce collectif de citoyens. "Ce projet est né à la suite de deux moments de crise à Bruxelles. La première était celle liée aux inondations dans le fond de la vallée du Maelbeek. A ce moment-là, on avait déjà fortement critiqué le principe consistant à trouver des solutions immédiates à un problème tout aussi immédiat. Le même scénario s’est reproduit l’hiver dernier autour de la station d’épuration Nord, c’est la deuxième crise", explique Dominique Naplas, initiateur de "Maelbeek mon amour". Selon lui, il vaut mieux agir sur l’origine du problème : l ’imperméabilité des sols bruxellois. Cette question a en effet été étudiée par plusieurs personnes dont Kevin De Bondt, chercheur à la VUB, qui souligne que " Bruxelles a refoulé l’eau. Dès qu’il y a des inondations, l’eau devient comme une ennemie pour les habitants. Nous voulons donc changer ce regard en faisant de cet objet quelque chose qui appartient à tous. Pour ce faire, nous avons imaginé le concept de ‘nouvelles rivières urbaines’. Il s’agit de mesures architecturales qui visent à utiliser l’eau fluviale dès la source c’est-à-dire issue des toitures et voiries afin de recréer des rivières. On aménage ainsi des espaces pour que l’eau puisse s’écouler, s’évaporer et être temporisée."

Mais si les EGEB ne manquent pas d’imagination pour "repenser" la gestion de cette ressource naturelle et vitale à Bruxelles, soulignons qu’il ne s’agit là que de propositions virtuelles et d’hypothèses. Ces dernières vont néanmoins dans le même sens que le "plan de gestion de l’eau" mené par la ministre bruxelloise de l’Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo). Un plan qui été mis à enquête publique il y a deux mois et se clôturera le 28 août prochain.

Afin de nourrir leur réflexion, les EGEB organisent des colloques, débats, expositions, festivals, ateliers d’artistes et d’autres activités autour de la problématique de l’eau du 29 avril au 30 septembre 2011.

Pour tout connaître sur le programme, consultez l’adresse suivante : www.egeb-sgwb.be