"Le port du voile n'est pas un problème en soi"

A Bruxelles, il n'y aura sans doute plus que deux écoles officielles qui autoriseront le port du voile. Lalibre.be a demandé au préfet des études de l’Athénée royal de Ganshoren comment était vécue cette permission dans son établissement.

"Le port du voile n'est pas un problème en soi"
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Propos recueillis par B.d.O

En milieu urbain, une école qui autorise le port du voile, c’est devenu chose rare. À Bruxelles, comme nous le mentionnons ci-dessus, il n’y aura sans doute bientôt plus que deux écoles officielles qui l’autoriseront. Nous avons demandé au préfet des études de l’Athénée royal de Ganshoren, Monsieur Dogot, comment était vécue cette permission dans son établissement.

Le port du voile est autorisé depuis toujours et je n’ai jamais relevé de problèmes liés à cette soi-disant problématique. Sur nos 880 élèves, nous en avons une cinquantaine qui portent le voile. Sans vouloir généraliser, ce sont de très bonnes étudiantes qui respectent parfaitement le règlement d’ordre intérieur qui stipule qu’elles enlèvent leur voile au cours d’éducation physique par exemple, et qui entend mettre en avant le travail de l’interculturalité.

Le port du voile ne freine donc pas cet apprentissage de la reconnaissance de l’autre ?

Pas du tout. C’est vrai que l’on discute un maximum, que ce sujet n’est pas tabou dans notre école et que nous l’abordons souvent. À partir du moment où tout le monde est preneur de tels échanges, les choses se passent très bien.

À vous entendre, le port du voile ne semble pas être un problème en soi. Alors pourquoi est-il si souvent interdit ?

Non, ce n’est pas un problème en soi. Mais n’oublions pas que ce débat reste un débat très délicat qui concentre beaucoup de points différents ou de points de vue religieux et culturels. Certains en font un cheval de bataille. Quant à savoir pourquoi tant d’écoles l’interdisent, je ne sais pas vous le dire. Sans doute est-ce lié au climat, au nombre d’élèves qui portent le voile. Chaque cas est particulier. Sans doute aussi dans certaines écoles y a-t-il du prosélytisme, ce qu’il n’y a pas chez nous. Mais vous savez, dans notre établissement il y a bien sûr des avis qui divergent sur le sujet, mais au-delà de toutes les différences de vue, il y a un aspect supérieur : on vit en paix et le dialogue évite beaucoup de problèmes. En la matière, il est donc essentiel pour moi de laisser la liberté à chaque établissement.


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