Ces vainqueurs qui ont tout perdu

Le point commun entre Martine Payfa (FDF) et Willem Draps (MR) ? Ils perdent tous deux leur maïorat, et pourtant ils ont gagné ces élections avec des scores impressionants.

Ces vainqueurs qui ont tout perdu
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Le point commun entre Martine Payfa (FDF) et Willem Draps (MR) ? Ils perdent tous deux leur maïorat, et pourtant ils ont gagné ces élections avec des scores impressionants (33,1 % pour Payfa à Watermael-Boitsfort et plus de 36,29 % pour Draps à Woluwé-St-Pierre).

Comment ces vainqueurs perdants envisagent-ils les six années à venir ? "Si nous étions en Wallonie, je serais bourgmestre", regrette Willem Draps qui n’en revient toujours pas de la trahison de son partenaire Benoît Cerexhe avec qui, dit-il, un accord avait été conclu en bonne et due forme chez le notaire.

Le fait de plus être bourgmestre laissera un vide énorme dans sa vie, a confié le maïeur sortant. Malgré cette immense déception, Willem Draps n’envisage pourtant pas une seule seconde de quitter la scène politique. "Avec le score que j’ai fait, il n’est pas question d’abandonner. Ce serait égoïste. J’ai un devoir vis-à-vis de mon équipe et de tous ceux qui ont voté pour nous !"

L’ex-numéro 1 compte mener une opposition active contre une majorité qu’il juge courte et hétéroclite. "Avec 14 élus sur 33, nous serons en mesure de convoquer le conseil communal quand bon nous semble. Mais nous n’abuserons pas de ce procédé car il n’est pas question de commencer une guérilla mettant la commune à feu et à sang."

Martine Payfa ne dit pas autre chose. "Ce n’est vraiment pas simple humainement parlant, mais je vais me battre par respect pour l’électeur". Et elle promet de mener la vie dure à la majorité Ecolo-GMH-MR, emmenée par Olivier Deleuze. "Ils ont voulu tourner la page, mais dans six ans je serai bien là. D’ici là, je vais mener une opposition dure qui ne laisse rien passer. D’autant que leur majorité est courte. La plus courte de l’histoire de la commune (15 sièges sur 27: NdlR)."

Celle qui a été 18 ans à la tête de la commune et sa mère avant elle, deviendra donc début décembre une simple conseillère communale. "Je reçois beaucoup de messages de soutien. Beaucoup de citoyens, y compris chez Ecolo, trouvent la situation injuste", prétend-elle.

Une pétition a d’ailleurs été lançée lundi et a récolté 400 signatures.

Mais à tout malheur quelque chose est bon, "j’aurai plus de temps pour m’occuper de mes petits-enfants", positive l’ex-bourgmestre.

N. G. et Pa. D.