Anderlecht: Vandenbossche "sali" et "abusé" par Van Goidsenhoven

Privé d’échevinat, Walter Vandenbossche, premier Flamand d’Anderlecht, retrace le cheminement d’une "tromperie". "Je n’ai pas l’intention de pleurnicher", précise-t-il en décrivant un scénario pré et post-électoral "hallucinant".

Anderlecht: Vandenbossche "sali" et "abusé" par Van Goidsenhoven
©Montage lalibre.be
Guy Bernard

"Je n’ai pas l’intention de pleurnicher." Conscient de son éviction du collège, Walter Vandenbossche (CD&V) a livré ce mercredi sa version d’un scénario pré et post-électoral "hallucinant".

Acte 1. "En avril 2011, Van Goidsenhoven et Noltincx (soit le maïeur MR et son chef de cabinet, NdlR) m’ont imploré de les rejoindre", retrace le démocrate-chrétien. "Après mûre réflexion, le CD&V signe une convention de cartel. Sous conditions." Avec le recul, il avale de travers en se souvenant que le texte prévoit notamment "en toutes circonstances, un échevinat au CD&V".

Acte 2. Ce que le président du groupe au Parlement bruxellois n’apprendra que bien plus tard, c’est qu’en juillet 2012 PS et MR se sont unis sur papier. "Van Goidsenhoven est sorti du cartel pour sauvegarder ses intérêts, laissant ses colistiers derrière lui."

Acte 3, s’exprimant "plus comme un néerlandophone que comme un flamand" parce que "25 à 30 % de mes électeurs sont des francophones qui y ont cru", Walter Vandenbossche en arrive au 14 octobre. "Lorsque les résultats tombent, on nous interdit d’entrer dans le bureau du bourgmestre. J’entends des applaudissements. Boelpaepe (Ufa, NdlR) me dit craindre d’être roulé dans la farine. "Finalement, je pénètre aussi dans ce bureau. Avec quatre témoins. Pour mon échevinat, ce n’est pas possible, dit Van Goidsenhoven qui jure avoir été humilié par Thomas. Il nous crie "buiten".

Acte 4. Outre le fait que le maïeur ait ignoré leur rendez-vous du lundi 15, l’homme aux 1 067 voix apprend diverses choses. "Le soir même des élections, les échevins libéraux étaient identifiés (sans que le CD&V n’ait voix au chapitre) et ceux-là décidaient de siéger comme MR." "Maintenant, c’est moi la Liste du bourgmestre ", ironise l’élu.

Epilogue. Sans perdre son rire, jaune par endroits, le trublion se voit écrire un thriller. L’intrigue ? "Un maïeur étranglé "

"On a surtout trompé l’électeur !", s’offusque-t-il. " Moi, j’ai refusé un mandat dans une intercommunale. Je ne suis pas disposé à me taire pour me remplir les poches. Je me sens sali. Comme quelqu’un d’abusé, passant sous la douche mais toujours sale..."

Président du CD&V local, Johan Pype apporte de l’eau à ce moulin. Le déjà ex-Premier, que Vandenbossche qualifie de "snotneus", a signé trop vite. En une entité "devenue celle de Thomas "

Au MR, on rétorquera que le fusible Vandenbossche sauta en premier ; que ce dernier fit une campagne contre ses troupes ; et que "sa" convention de cartel incluait, à l’époque, le CDH.


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