Un palais de justice des plus vulnérables

Les agents du corps de sécurité du palais de justice de Bruxelles se croisent les bras vendredi pour la deuxième journée consécutive. Ils se plaignent notamment de leur coopération avec la police locale de Bruxelles.

BELGA
Un palais de justice des plus vulnérables

Les agents du corps de sécurité du palais de justice de Bruxelles se croisent les bras vendredi pour la deuxième journée consécutive. Ils se plaignent notamment de leur coopération avec la police locale de Bruxelles, en particulier avec les policiers officiers en charge du palais. Des membres du corps de sécurité qui souhaitent rester anonymes estiment ne pas être suffisamment respectés. "La manière de travailler a été modifiée d'un jour à l'autre sans concertation et sans explication", se plaignent les grévistes.

"Celui qui proteste ou qui n'obtempère pas directement, voit son badge retiré. Ce fut le cas le mois passé pour cinq collègues. Cela signifie cinq personnes en moins, alors que nous travaillons déjà en sous-effectif." Le corps de sécurité compte théoriquement 120 agents, mais en réalité 86. "Ajoutez à cela les absences au quotidien pour raison de maladie et d'accident de travail.

Nous tournons avec une septantaine de personnes", précisent les grévistes. "C'est à peine suffisant pour amener les prisonniers devant les tribunaux et maintenir l'ordre dans les salles d'audience. Mais on nous demande en plus de patrouiller, à la fois dans et en dehors du palais."

Des agents estiment également ne pas être suffisamment respectés par les policiers officiers en charge de la sécurité du palais. Les syndicats du corps de sécurité ont tenté de négocier vendredi avec la direction. La concertation n'a débouché sur aucun résultat et de nouvelles actions sont annoncées.

Les agents reprendront toutefois le travail lundi à l'occasion de la comparution de Marc Dutroux devant le tribunal de l'application des peines. "On se demande d'ailleurs comment il est possible d'obtenir un tel renfort policier alors que d'autres jours, il n'est pas possible de trouver dix agents", soulignent les grévistes.

La police de Bruxelles déplore les attaques personnelles

La police locale de Bruxelles se dit prête à discuter avec le corps de sécurité du palais de justice de Bruxelles, en grève depuis deux jours, en vue d'améliorer leur coopération. Elle déplore cependant les "attaques personnelles" envers les policiers en charge de la gestion quotidienne de la sécurité dans le palais. Le corps de sécurité du palais de Justice est en grève vendredi pour la deuxième journée consécutive. Les grévistes se plaignent notamment de l'attitude de la police de la zone de Bruxelles et en particulier de deux officiers en charge de la sécurité du palais.

Ilse De Keere, porte-parole de la police de Bruxelles, n'a pas voulu commenter la grève des agents du corps de sécurité mais déplore l'attaque personnelle envers des collègues. "Nous comprenons qu'une insatisfaction peut régner et nous sommes toujours prêts à discuter et à prendre des mesures utiles en vue d'améliorer la coopération", a indiqué la porte-parole.

La nécessité de l'action n'est pas partagée par l'ensemble des membres

Des dizaines d'agents du corps de sécurité du palais de justice de Bruxelles étaient en grève jeudi et vendredi. Trente-sept de ces agents avaient décidé de ne pas assumer leurs fonctions, jeudi, sur cinquante-deux effectifs. Mais, la nécessité de cette grève n'est pas partagée par l'ensemble des membres du corps de sécurité. Des dizaines d'agents de sécurité du palais de justice de Bruxelles, ont dénoncé, jeudi et vendredi, des exclusions abusives de plusieurs d'entre eux; cinq en moins d'un mois sans motifs sérieux, selon eux.

Les agents, dépendant du ministère de la justice, se plaignent du climat malsain que font régner leurs supérieurs, deux commissaires de police. En cause, notamment le port de gilets pare-balles. Les grévistes déplorent que les commissaires décident de l'obligation du port de ces gilets pour certains et pas pour d'autres.

"Ce n'est pas tout à fait vrai", a-t-on pu entendre vendredi d'un agent non-gréviste. "Plusieurs agents avaient réclamé auprès de la direction des gilets pare-balles. Puis lorsqu'on en a eu, ils ne les ont pas portés. Les commissaires leur ont dit de les mettre et ils ont tout simplement refusé", a-t-il témoigné.

Selon cet agent, les motifs de la grève révélés dans la presse vendredi n'en sont pas. Quant aux exclusions de certains agents durant le mois précédent, notre interlocuteur nous affirme notamment que l'un d'eux avait fait preuve de violence envers un collègue. Son écartement était donc justifié, selon lui.