"Une taxe injuste !"

Des riverains de la rue Lefrancq se plaignent de la taxe sur les bâtis négligés.

Daneels Gaëlle
Taxe sur facades mal entretenue Schaerbeek
Taxe sur facades mal entretenue Schaerbeek ©Stephanie Lecocq

Cinquante-cinq € le mètre courant de façade, par mois ! Soit des centaines d’euros, vu la taille des maisons. Le montant a de quoi faire peur. Et c’est probablement le but de cette taxe communale sur les immeubles abandonnés ou négligés, passée au conseil communal en février 2013.

Christian Vrebosch et Jean-Luc Ellens, deux riverains de la rue Lefrancq, en sont victimes. Au mois de juin, ils ont en effet reçu un courrier de la commune (comme d’autres habitants de la rue). Ce dernier les avertissait que, sans travaux de rénovation de leur façade, ils devraient payer la taxe, dès le 1er août 2013 !

"Nous avons obtenu un délai, mais cette taxe est tout de même injuste et injustifiée", réagit Christian Vrebosch. "De plus, si je n’entretiens plus très bien ma façade, c’est parce que j’en ai marre de voir des mégots ou des canettes traîner sur le rebord de mes fenêtres, avec du liquide qui coule sur la façade ! Je ne ferai pas d’efforts tant qu’il n’y aura pas plus de surveillance dans le quartier." Jean-Luc Ellens, de son côté, souligne que "ce sont surtout les personnes à faibles revenus qui seront pénalisées."

Il existait déjà auparavant, à Schaerbeek, une taxe sur les immeubles inachevés ou laissés à l’abandon (comme dans de nombreuses autres communes). Ce sont donc les bien inoccupés qui étaient concernés. La grande nouveauté, c’est que cette taxe touche désormais les "immeubles abandonnés ou négligés". Ce qui permet, entre autres, à l’entité de l’appliquer aussi aux biens habités par leurs propriétaires.

Ainsi, peuvent être considérés comme négligés des immeubles qui présentent "des imperfections externes à la façade avant, telles que de la peinture écaillée, des fissures ou des cassures, de la formation de mousse, des défauts aux éléments de la façade, etc." Des problèmes assez ordinaires, donc.

Pour les riverains, l’explication est claire : la commune a besoin d’argent. Cédric Mahieu, chef de cabinet de Denis Grimberghs (CDH, Finances), s’en défend. "On ne fait pas la chasse aux propriétaires. Le but est de les inciter à s’occuper de leur logement. Dans l’intérêt de tous." G. D.