Pratiques illégales au CPAS ?

40 ASBL accusent le CPAS de priver des sans-papiers de l’aide médicale urgente.

N. G.
Pratiques illégales au CPAS ?
©Belga

Un coup de gueule d’une quarantaine d’associations bruxelloises suscite la polémique depuis la publication d’une carte blanche dans les colonnes du Soir et du Standaard, hier matin.

Ces associations (les maisons médicales et les collectifs de santé francophones, les médecins généralistes de Bruxelles, Ligue des Droits de l’Homme, etc.) accusent le CPAS de la Ville de Bruxelles de pratiques illégales et ce, depuis trois ans. Elles dénoncent le fait que de nombreuses familles de sans-papiers avec enfants sont privées d’accès à l’aide médicale urgente.

Car en Belgique, les familles de sans-papiers avec enfants mineurs ont droit à un accueil dans un centre Fedasil ou Croix-Rouge. Pas les autres, lesquels bénéficient tout de même d’un droit automatique à des soins médicaux d’urgence, remboursés par le CPAS.

Mais selon le CPAS de la Ville de Bruxelles, les familles avec enfants qui auraient choisi de refuser l’accueil en centre (pour éviter d’être renvoyées dans leur pays d’origine), perdraient, du coup, leur droit à des soins médicaux. Dans ce cas, le CPAS se déclare incompétent et renvoie les familles vers Fedasil. Même celles qui ne demandent pas d’hébergement...

Selon les associations qui viennent en aide aux sans-papiers, plusieurs décisions de justice auraient même condamné le CPAS à octroyer l’aide médicale urgente à ces familles. Mais les décisions du tribunal ne seraient pas appliquées et l’appel serait systématique.

Hier, le président du CPAS de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur (PS), a qualifié cette carte blanche "d’allégations mensongères" sans vouloir préciser. Pour ce faire, il a convié la presse, aujourd’hui. Les associations auront-elles les réponses qu’elles escomptent ?